Kinshasa entretient le terrorisme mondial selon l’ONG de George Clooney

Kinshasa entretient le terrorisme mondial selon l’ONG de George Clooney

Par Hubert Leclercq

The Sentry est une organisation non gouvernementale qui a décidé de consacrer notamment ses efforts sur l’Afrique « du nord-est à la République démocratique du Congo », explique ses fondateurs parmi lesquels la star hollywoodienne George Clooney. Une ONG qui a décidé de frapper au portefeuille en tentant de mettre à jour les réseaux financiers qui permettent à certains pouvoirs de se maintenir en place et d’engranger des fortunes sur le dos de leur population.

Le dernier rapport en date de The Sentry est particulièrement accablant pour le régime congolais. Il met les agissements de la BGFIBank en RDC en lumière. Une institution financière déjà pointée du doigt par les accusations, en octobre 2016,  de Jean-Jacques Lumumba, ancien cadre de la banque qui avait tenté de mettre en garde ses supérieurs contre certains mouvements de fonds plus que douteux avant de devoir fuir le pays avec certains documents très compromettants pour la banque et plus particulièrement pour son patron Francis Selemani Mtwale, le demi-frère de Joseph Kabila.

Kabila court-circuite les sanctions américaines

Le titre du rapport est élogieux : « Les fianciers du terrorisme : ou comment une banque liée au président congolais a permis aux bailleurs de fonds du Hezbollah de contourner les sanctions américaines ». Et le contenu du rapport est à la hauteur du titre. On peut ainsi lire : « Le problème portait sur le fait que ces transactions impliquaient des sociétés liées aux bailleurs de fonds du Hezbollah, un groupe terroriste et parti politique libanais. Les principales
entités concernées étaient des filiales de Congo Futur, un groupe d’entreprises basé à Kinshasa et assujetti au régime de sanctions du Département du Trésor américain. Ces avertissements s’adressaient notamment à Selemani Francis Mtwale, frère du président Joseph Kabila dirigeant la BGFIBank RDC. Mais les relations entre la banque et les sociétés liées au Hezbollah se sont poursuivies. La BGFIBank RDC a même été jusqu’à demander
que certaines transactions soient débloquées par le Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC) du Département du Trésor américain après que d’autres banques ont refusé d’effectuer ces mêmes opérations. La BGFIBank RDC tenait toujours des comptes pour les sociétés affiliées à Congo Futur en 2016. Cette situation soulève d’importantes questions concernant la capacité et la volonté de la banque à s’acquitter de ses obligations quant à l’application des sanctions et au respect des règles contre le blanchiment d’argent. La BGFIBank RDC aurait été utilisée aux fins du détournement d’importants fonds publics au Congo, y compris des millions de dollars de retrait imputés à la commission électorale congolaise (CENI)  et des transferts d’espèces s’élevant à 8 millions de dollars – des « avances fiscales » irrégulières de la part de la  Gécamines, la plus grande société minière publique du pays. Les rapports publiés soulèvent de sérieuses questions quant au régime de réglementation et de conformité de la banque. »

Successions de dossiers pourris

En quelques lignes, les experts de The Sentry épinglent

  • la BGFIBank RDC  du demi-frère de Joseph Kabila, l’accusent de ne pas avoir respecté, sciemment, les sanctions américaines à l’égard d’un groupe finançant un mouvement terroriste. Ils pointent clairement du doigt le pouvoir en place à Kinshasa et ses liens étroits avec la société Congo Futur qui « continue de prospérer » en RDC et qui a même « décrcohe des contrats publics ». Pour faire simple, le Hezbollah a accès au monde bancaire grâce aux manoeuvres de la BGFIBank RDC qui elle-même est entre les mains de la famille Kabila. Kinshasa court-circuite donc les efforts américains et mondiaux.
  • Suite à cette accumulation de découvertes, l’ONG appelle à des sanctions ciblées de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne contre tout individu et institution qui seraient mêlés de près ou de loin aux actions de Congo Futur. Le président et ses proches collaborateurs ne peuvent pas être exclus de ces sanctions.
  • Ils en appellent aussi à l’ouverture d’enquêtes pénales pour connaître notamment les responsabilités de la BGFIBank RDC dans ce dossier en lien avec Congo Futur.
  • The Sentry met aussi en lumière des malversations concernant la Ceni
  • The Sentry épingle des jeux d’écriture financière à l’avantage de la Gécamines.

Washington insensible ?

The Sentry a essentiellement collationné et vérifié des informations déjà disponibles de manières diffuses et éparses. En les regroupant dans un seul et même document, il démontre la puissance de la corruption et la capacité de nui-sance internationale du pouvoir en place à Kinshasa. Les Etats-Unis si sensibles à la lutte contre le terrorisme ne pourront rester à l’écart d’un tel dossier. Personne ne comprendrait que Washington ne demande pas un minimum de comptes  aux responsables de la BGFIBank RDC et au pouvoir en place à Kinshasa.

Lire le rapport sur : www.thesentry.org

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