RDC: les autorités du Kasaï-central destituées

RDC: les autorités du Kasaï-central destituées

Par Marie-France Cros.

Le gouverneur du Kasaï-central, Alex Kande, ainsi que son gouvernement, ont été destitués par l’assemblée provinciale, mercredi à Kananga, chef-lieu de la province.

L’assemblée provinciale a, en outre, décidé de poursuivre Alex Kande en justice pour sa gestion désastreuse de la succession du pouvoir coutumier du chef Anaclet Tumba, le Kamwina Nsapu de la grande tribu des Bajila, décédé en 2011. La violence utilisée contre le chef désigné pour lui succéder selon la coutume, Jean-Pierre Pandi, que le gouverneur Kande refusait de reconnaître, a déclenché une révolte dans toute la province, qui s’est ensuite étendue au Grand Kasaï, faisant des milliers de morts et 1,4 million de déplacés qui se sont déversés sur les provinces avoisinantes. Un certain retour au calme est observé depuis août dernier.

Troubles attisés par Kinshasa

Le gouverneur Alex Kande est à Kinshasa depuis le début des troubles, en 2016, absence qui a été vivement critiquée par des ONG de développement. Les spécialistes estiment que les troubles ont été attisés par le gouvernement national, comme ce fut le cas au Kongo-central (ex-Bas-Congo) face aux adeptes du parti-secte Bundu dia Kongo, ou au Tanganyika (ex-Katanga) avec le conflit pygmées-Bantous. Et de noter qu’il s’agit de trois zones où Joseph Kabila est peu populaire.

Le 19 septembre, à Kananga, chef-lieu du Kasaï-central, le président Kabila avait félicité les forces armées pour leur travail dans le Grand Kasaï et appelé la population à un « examen de conscience ». Selon l’Onu, qui a découvert plus de 80 fosses communes dans ces territoires, la majorité des victimes qui y sont enterrées sont celles de la répression disproportionnée infligée aux populations locales par les forces armées.

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