Les autorités congolaises reprochaient à Quentin Noirfalisse de « galvaniser la jeunesse »

Les autorités congolaises reprochaient à Quentin Noirfalisse de « galvaniser la jeunesse »

Quentin Noirfalisse a été détenu pendant deux jours en République démocratique du Congo (RDC) alors qu’il s’apprêtait à quitter le pays après une tournée de projections de son documentaire « Le ministre des poubelles », consacré à l’artiste plasticien Emmanuel Botalatala. Après de nombreuses heures de tergiversations, il a appris qu’on lui reprochait, à la suite d’une dénonciation, de galvaniser la jeunesse des quartiers populaires, a-t-il expliqué à l’agence Belga.

Le film a fait l’objet d’une douzaine de projections et été vu par plusieurs milliers de personnes dans un calme absolu, souligne son réalisateur. « Nous disposions de toutes les autorisations. » Le jour de son départ, soit le 19 septembre, le Verviétois a été interpellé par la Direction générale de la Migration sans qu’aucun motif ne lui soit donné. Le lendemain, il est transféré à l’Agence nationale du Renseignement, où le chef du cabinet se cantonne à lui expliquer que « son dossier n’est pas prêt ». Finalement, Quentin Noirfalisse apprend qu’on lui reproche de galvaniser la jeunesse.
« On ne m’a pas parlé du film, mais j’ai bien senti que cela faisait partie de leurs griefs à mon égard. »
Au soir de son deuxième jour de détention, le visa du réalisateur est annulé et il est expulsé du pays. Il rentrera à Bruxelles avec le « ministre » Botalatala, dont le vol était prévu ce jour-là. « Le régime est nerveux, il expulse des journalistes et ne veut pas qu’on montre la créativité des quartiers populaires », en conclut Quentin Noirfalisse. « Pourtant, le film ne parle pas de politique, mais de la place d’un artiste dans une société » comme l’indiquait notre critique du documentaire, présenté en Belgique, en juin dernier.  Critique du film que l’on peut (re)trouver ci-dessous.

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