Cameroun: couvre-feu dans la zone anglophone, à la veille d’une déclaration d’indépendance

Cameroun: couvre-feu dans la zone anglophone,  à la veille d’une déclaration d’indépendance

Les autorités de la région anglophone du Sud-Ouest du Cameroun, frontalière avec le Nigeria, ont annoncé jeudi une interdiction stricte de se déplacer, imitant la région du Nord-Ouest où un couvre-feu est déjà en place à trois jours d’une proclamation symbolique de leur indépendance par les séparatistes anglophones dimanche.

Fermeture des frontières territoriales et maritimes, suspension des transports, interdiction de se déplacer entre les localités et interdiction des réunions de plus de quatre personnes dans l’espace public: les autorités du Sud-Ouest (chef-lieu Buéa) ont annoncé dans un communiqué, jeudi, des mesures restrictives, en amont de l’annonce de l’indépendance prévue par les indépendantistes anglophones. Ces « mesures régulatoires » seront en vigeuur de vendredi à 09h00 jusqu’à lundi à .

Un couvre-feu, de 22h00 à 05h00, est déjà en vigueur dans la région anglophone du Nord-Ouest (chef-lieu Bamenda) depuis les manifestations du 22 septembre.

Appel au calme

Un deuxième communiqué des autorités du Sud-Ouest indique qu’un renforcement militaire est prévu dans la région et appelle la population à « rester calme ».

Les autorités camerounaises ont démenti jeudi toute allégation prêtant au gouvernement l’intention de procéder à des coupures d’internet. Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, les deux régions anglophones sur les dix du Cameroun, avaient été privées d’internet pendant trois mois jusqu’à fin avril, soit la plus longue coupure de ce type en Afrique.

Les séparatistes anglophones veulent proclamer symboliquement leur indépendance ce dimanche 1er octobre, anniversaire de la réunification officielle des parties anglophone et francophone du Cameroun.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres s’est dit jeudi « profondément préoccupé par la situation au Cameroun » et a exhorté les autorités camerounaises « à promouvoir des mesures de réconciliation nationale ». Il est important « de faire prévaloir l’unité et l’intégrité territoriale du Cameroun », a-t-il ajouté dans le communiqué.

Marginalisation des anglophones

Le 22 septembre, des manifestations d’indépendantistes réunissant des milliers de personnes ont eu lieu dans les régions anglophones, alors même que les autorités du Nord-Ouest avaient interdit toute manifestation. Yaoundé considère désormais les séparatistes comme des « terroristes », après de récentes explosions de bombes à Bamenda et à Douala (sud), la capitale économique.

Depuis novembre 2016, la minorité anglophone, qui représente environ 20% des 22 millions de Camerounais, proteste contre sa « marginalisation », dans l’enseignement et la magistrature notamment. Certains anglophones exigent le retour au fédéralisme, tandis qu’une minorité réclame la partition du Cameroun. Deux scénarios que refuse Yaoundé.

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