RDC : Les déplacés du Kasaï vivent un calvaire

RDC : Les déplacés du Kasaï  vivent un calvaire

Par Marie-France Cros

Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) attire l’attention sur la situation de 12000 déplacés kasaïens, ayant fui les violences dans le Grand Kasaï (cinq provinces) liées à la révolte dite « Kamwina Nsapu » et qui se trouvent à Kikwit (Kwilu), à quelque 300 km de leur domicile, qu’ils ont fui à pied, démunis de tout.

Selon le CICR, il s’agit surtout de femmes et d’enfants, vivant dans « une précarité extrême » chez l’habitant, dans des églises ou des écoles de Kikwit. En fuite – souvent sans rien emporter – depuis mars dernier, une partie d’entre eux sont arrivés malades (diarrhées, fièvre typhoïde, troubles alimentaires), après deux ou trois semaines de marche qui les ont affaiblis.

Traumatisés

Beaucoup sont traumatisés par les violences dont ils ont été les témoins, de la part de rebelles « Kamwina Nsapu » ou de l’armée chargée de les réprimer. Nombre de femmes « ont subi un traumatisme profond. Certaines ont vu leur mari se faire décapiter, leurs enfants égorgés », explique Anièce Kiyungu, membre d’une association de femmes de Kikwit.

Malgré la générosité des habitants de la ville, venus en aide aux déplacés, Kikwit a été rapidement débordée. La Croix Rouge congolaise et le CICR ont instauré une distribution gratuite de repas chauds. « Sous la supervision des volontaires de la Croix-Rouge, les déplacés se sont organisés pour cuire et distribuer les aliments à près de 9 000 personnes tous les jour », précise Calvin Mastaki, responsable de l’équipe CICR à Kikwit, et « des personnes de bonne volonté ont cédé des terrains pour y aménager six cuisines collectives ».

La Croix Rouge a aussi mis en place une aide financière aux déplacés, afin de les aider à lancer un petit commerce qui subvienne à leurs besoins.

Quelque 4000 meurtres ont été signalés à l’Eglise catholique au Kasaï. L’Onu a, de son côté, dénombré 87 fosses communes, principalement creusées pour les victimes de la répression par l’armée. Et environ 1,4 million de Kasaïens ont fui leur domicile. Le CICR et la Croix Rouge congolaise assistent 29 000 personnes au Kasaï-central et au Kwilu.

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