RDC : Excédé par l’obligation de changer de permis à nouveau

RDC : Excédé par l’obligation  de changer de permis à nouveau

Par Marie-France Cros

Le chef d’antenne de la Commission nationale de la Prévention routière pour Kipushi et Kasumbalesa (Haut-Katanga) ne l’a pas envoyé dire: la suspension de l’octroi du permis de conduire – annoncée le 22 septembre par le ministre des Transports, José Makila, dans la perspective de « la mise en circulation imminente de permis de conduire véritablement biométriques » – est « une manière de rançonner la population » a déclaré Marcel Mwamba à Radio Okapi.

Le responsable katangais – qui réclame du gouvernement Tshibala des permis réellement sécurisés, précise Radio Okapi – a rappelé qu’en 2012-2013, déjà, les permis de conduire avaient dû être changés par les automobilistes; les permis roses en papier fort étaient accusés d’être souvent obtenus frauduleusement. Les nouveaux permis étaient présentés comme « biométriques » et « répondant aux normes internationales ».

Zoé Kabila, le frère cadet

Ils étaient fabriqués par Isis-Congo, une société privée « spécialisée dans la confection de documents sécurisés » installée dans un bâtiment appartenant à l’Etat congolais à Kinshasa, notait en juillet dernier l’agence financière Bloomberg, qui ajoute qu’elle faisait partie de l’empire financier de Zoé Kabila, 38 ans, frère cadet du chef de l’Etat, jusqu’à novembre 2016. Selon Bloomberg, Isis-Congo avait obtenu le contrat (de 15 millions de dollars) de fabrication de 25 000 permis de conduire biométriques en 2007, mais avait seulement commencé à les fournir en 2012.

C’est en mars 2012 que le gouvernement de Kinshasa avait annoncé l’obligation d’acheter un permis de conduire « biométrique », pour un coût officiel de 85 dollars et valable seulement 5 ans, selon la Conadep (Commission nationale de délivrance des permis de conduire).

Cinq ans plus tard, le gouvernement Tshibala annonce donc la mise en circulation de permis « véritablement biométriques », sans préciser en quoi ils diffèrent des « biométriques » vendus par Isis-Congo.

Comme les passeports

Le même phénomène a été observé au sujet des nouveaux passeports biométriques, obligatoires à partir du 16 octobre pour les voyageurs congolais, selon l’annonce faite le 15 septembre par le vice-ministre des Affaires étrangères: ceux mis en circulation depuis 2008 étaient déjà présentés comme « biométriques » mais ils sont qualifiés aujourd’hui de « semi-biométriques ».

Un voyageur congolais signale à La Libre Afrique, à l’issue d’un voyage dans plusieurs pays d’Europe, que son passeport « semi-biométrique » a passé avec succès tous les contrôles informatisés aux frontières, comme s’il était biométrique.

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