Afrique du Sud: les syndicats veulent la démission de Zuma

Afrique du Sud: les syndicats veulent  la démission de Zuma

Plusieurs milliers de personnes ont défilé mercredi dans les rues de Johannesburg à l’appel de la principale centrale syndicale sud-africaine, la Cosatu – jusqu’ici alliée de l’ANC, le parti au pouvoir – pour exiger la démission du président Jacob Zuma et dénoncer la corruption de son gouvernement.

afp

Au pouvoir depuis 2009, M. Zuma est affaibli par une succession de scandales politico-financiers (notamment des faveurs de et à une riche famille de commerçants indiens, les Gupta) qui plombent depuis des mois la fin de son règne. Il doit céder la présidence du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), à la fin de l’année et ses fonctions de chef de l’Etat au terme de son second mandat après les élections générales, programmées en 2019.

« Zuma doit partir », « la corruption est un crime contre l’humanité », « ras-le-bol des Gupta et de leurs complices », proclamaient les banderoles des manifestants réunis mercredi par la Cosatu dans les rues du centre de la plus grande ville du pays. « Le président du pays doit démissionner à cause de ses relations douteuses avec les Gupta », a déclaré à l’AFP l’un d’eux, Lucas Makgolane, un professeur de 48 ans. « Le détournement des biens de l’Etat et la corruption ont aggravé la détresse des travailleurs. Le mauvais état de l’économie contribue aux pertes d’emplois. Ca suffit! », a dénoncé un autre marcheur, Lloyd Mokote.

La Cosatu appuie Ramaphosa

Alliée traditionnelle de l’ANC, la Cosatu soutient le vice-président Cyril Ramaphosa, ancien syndicaliste devenu homme d’affaires, pour succéder à Jacob Zuma à la tête du parti. M. Zuma a, lui, pris lui fait et cause pour son ex-épouse Nkosazana Dlamini Zuma, l’autre favorite de la course.

Le chef de l’Etat a jusque-là résisté à toutes les plaintes en justice et motions de censures déposées contre lui par l’opposition. Mais il est de plus en plus critiqué au sein même de l’ANC. Sur fond de ralentissement de l’économie, de nombreuses voix du parti de feu Nelson Mandela redoutent de perdre dans deux ans la majorité absolue qu’il détient au Parlement depuis les premières élections libres de l’histoire du pays en 1994.

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