RDC: une lettre ouverte de la société civile invite le président Kabila à « se retirer »

RDC: une lettre ouverte de la société civile  invite le président Kabila à « se retirer »

Par Marie-France Cros

Des ONG congolaises envoient ce mardi 26 septembre une « lettre ouverte des élites résistantes au président Joseph Kabila », annonçant une « croisade » pour obtenir qu’il se retire du pouvoir.

Ces ONG sont des associations basées à l’extérieur du Congo, comme la Convention des Congolais de l’étranger, Sima Kivu ou Dynamique Shimon Dounia, mais aussi – surtout – un « mouvement politico-citoyen » qui fait de plus en plus parler de lui à Kinshasa, Telema Ekoki (Debout ça suffit). Selon les informations de La Libre Afrique, contrairement à la plupart des ONG congolaises, il a commencé par s’implanter à la base, avec une priorité pour les quartiers populaires de la capitale congolaise. « Aujourd’hui, Telema Ekoki a des points focaux dans les 24 communes de Kinshasa et dans ses 450 quartiers », déclare à La Libre Afrique un partisan du mouvement.

Ce dernier, précise-t-il, « a surgi à la suite de la lettre des évêques « Debout Congolais! » de juin 2017. Il regroupe des jeunes de différents partis et est coordonné par une centaine de personnes pour empêcher l’infiltration » du mouvement par des agents du régime. « Généralement, le pouvoir convoque les dirigeants des mouvements de protestation et les achète; avec Telema Ekoki ce sera difficile parce qu’il faudra convoquer 100 personnes ».

Une « croisade pour la libération »

La lettre ouverte au chef de l’Etat co-signée par Telema Ekoki annonce une « croisade », qui sera « certainement longue », pour « la libération » des Congolais, dont les « conditions de vie sont inhumaines, humiliantes et dégradantes plus de 57 ans après l’indépendance ». « A gorge déployée, le peuple vous crie sa rage » et les « élites résistantes » se mettent à ses côtés pour, « comme les Français de 1789 », entamer un effort afin de « séparer par un abîme ce qu’ils ont été jusque-là de ce qu’ils veulent être désormais ».

Et de souligner que « le Congo-Kinshasa brûle » et que « partout (…) le chaos s’installe », sans que bouge « le garant de la Nation ». Ce dernier est accusé de mal choisir ses collaborateurs, de ne jamais sanctionner leurs abus (« vous êtes, au bas mot, complice »), d’être « narcissique » au point d’en perdre la lucidité. Joseph Kabila, et ses collaborateurs (qui « vous lâcheront, sans état d’âme, aussitôt que la roue de l’Histoire aura tourné »), se voient aussi dénier le droit de revendiquer le nationalisme qui émaille leurs discours, eux qui se rendent coupables de « prédation » et « trahison » au point de « désillusionner le peuple congolais » qui se demande « à quoi sert un Président? ».

Le responsable, « c’est vous, M. le Président »

« Le mal du Congo-Kinshasa, c’est vous, M. le Président ». « Le premier responsable de tous les maux qui minent le Congo-Kinshasa et hypothèquent son avenir et celui de ses enfants, c’est vous, M. le Président! », accuse la lettre ouverte, qui considère Joseph Kabila comme « le grand obstacle au retour de la paix politique dans le pays et le plus grand ennemi de la renaissance africaine ». Et d’avertir que si les élections dues ne se tiennent pas en décembre 2017, « vous serez partout traité en paria » et « la violence des forces de police et des services ne viendra pas à bout de la détermination d’un peuple dechaîné contre la dictature ».

Et de conclure en « exhorant » le chef de l’Etat à « se retirer pendant qu’il en est encore temps ».

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