RDC : Pas de rentrée scolaire pour cause d’insécurité à Walikale

RDC : Pas de rentrée scolaire pour cause d’insécurité à Walikale

Par Esther Nsapu, correspondante dans l’Est de la RDC

Alors que le mois de septembre touche à sa fin, la rentrée de classe se fait toujours attendre à Walikale, notamment dans le groupement Ikobo, situé à environ 20 kilomètres de Buleusa en province du Nord Kivu.

En cause : plusieurs jours de combats entre deux factions mai mai qui se sont affrontés à Misingi dans la localité d’Irenya. D’un côté, les combattants Nduma Defense of Congo NDC/RENOVE de Guidon, de l’autre, ses ennemis de toujours, les mai mai Mazembe. Une situation qui a provoqué un déplacement massif des populations.

Selon nos sources, ces combats ont débouché sur d’importantes scènes de pillage dans lesquelles de nombreux villageois ont tout perdu. Une école primaire, l’EP Kigoma ainsi qu’un poste de santé ont également été pillés. Actuellement, ce sont les éléments NDC/RENOVE de Guidon qui contrôlent la localité de Misingi. Paniqués, certains habitants d’Irenya ont pris la fuite pour se réfugier en brousse, tandis que d’autres se sont dirigés vers Rusamambo. Quelques enfants se seraient égarés lors de la fuite et d’autres civils ont été blessés.

Dans la localité de Mutongo, craignant pour leur sécurité, les populations passent la journée dans la localité, mais une fois la nuit tombée, ils retournent dormir dans la brousse. Les enseignants et les responsables de certaines écoles en font de même. Conséquence : la rentrée scolaire n’est toujours pas effective, alors que les activités économiques tournent au ralenti. Le noyau de la société civile qui se dit préoccupée justifie cette recrudescence de l’insécurité par l’absence totale de l’armée congolaise dans la zone.

Le Mwami d’Ikobo, Likanga Machozi déplore le fait qu’une grande partie de son entité est contrôlée par les groupes armés. Selon lui, les postes de Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) les plus proches se trouvent à Buleusa et Rusamambo, une vingtaine de kilomètres de Bukumbirwa. Il est donc, de ce fait, difficile de sécuriser toute l’étendue du groupement.  Ainsi, il craint que si rien n’est fait, cette édition scolaire 2017-2018 risque d’être perturbée dans cette partie du territoire de Walikale.

Pour Prince Kihangi, secrétaire général du bureau d’études et d’appuis au développement du territoire de Walikale (BEDEWA), les populations en fuite, hésitent à rentrer tant que la situation sécuritaire reste volatile. Il plaide pour le déploiement des soldats de l’opération Sokola 1 ou d’un dispositif conséquent de militaires pour assurer la sécurité afin de permettre aux habitants de rentrer chez eux et de reprendre le cours normal de leur vie.

Selon la société civile locale, environs 450 ménages vivent dans des conditions difficiles dans la localité de Rusamambo, dans le groupement Ikobo où ils ont trouvé refuge depuis une dizaine de jours et beaucoup d’entre eux dorment dans les écoles et dans les églises. Elle lance un appel à l’aide urgent aux autorités ainsi qu’aux organisations humanitaires pour qu’elles viennent en aide à ces déplacés.

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