RDC : « Ce lundi n’est que le début d’un long mouvement de grogne »

RDC : « Ce lundi n’est que le début d’un long mouvement de grogne »

Par Hubert Leclercq

Ce lundi, sur le coup de 10 heures du matin, des représentants de mouvements citoyens (Lucha, Il est temps,…) se sont donnés rendez-vous devant le ministère des Affaires étrangères à Kinshasa pour un sit-in. Objectif : demander le retrait du communiqué du vice-ministre des Affaires étrangères sur la prochaine entrée en vigueur des passeports biométriques et l’obligation faite, à tous les Congolais, de passer à ce nouveau passeport – et donc de débourser près de 200 dollars.

« C’est une décision insensée », explique Herman Mbuwa, représentant du mouvement citoyen Il est temps. « Le genre de décision qui peut mettre le feu aux poudres. C’est d’autant plus insupportable que le précédent ministre des Affaires étrangères, Raymond Tshibala avait pris un arrêté le 16 décembre 2015 qui disait que les deux passeports pouvaient cohabiter jusqu’à la fin de la validité du document en cours. »

« Nous savons que nous risquons d’être arrêtés lors de ce sit-il, mais ils n’auront aucune charge contre nous car nous, nous respectons scrupuleusement les lois », explique pour sa part Enock Nyamwisi, de la LUCHA.

Des mouvements sur tout le territoire

Pour les deux militants, ce sit-in sera aussi un avant-goût et le départ d’un grand mouvement de contestation qui commencera le 30 septembre prochain. « A cette date, la CENI a l’obligation de convoquer le corps électoral pour respecter l’Accord de la Saint-Sylvestre qui prévoit la tenue des élections au plus tard le 31 décembre de cette année. Si elle ne tient pas ses engagements, avec le Collectif des actions de la société civile (CASC) nous lancerons des mouvements de grogne et de désobéissance civile sur tout le territoitre pour obtenir le départ de Joseph Kabila », poursuit Herman Mbuwa.

Le miltant de « Il est temps » souhaite une union de « tous les démocrates » qui veulent « le respect de la Constituton et le départ de Joseph Kabila ». « Nous ne sommes pas des politiques. Mais, aujourd’hui, dans notre combat, nous accueillons tous ceux qui veulent que cela change. En fait, nous avons un ennemi commun et un combat commun à mener contre cet homme qui ne veut qu’une chose : rester le plus longtemps et par tous les moyens au pouvoir. On va donc se mettre ensemble pour obtenir son départ ».

L’avant-goût de ce lundi et les mouvements annoncés à partir du 30 septembre « doivent redonner confiance au peuple congolais. Beaucoup étaient prêts à lutter à la fin de l’année 2016 et ils ont été frustrés par les négociations menées sous la conduite des évêques catholiques de la Cenco. Ces milliers de gens ont été déçus et il faut aujourd’hui regagner leur confiance. Ce ne sera pas facile, on en est conscients mais il faut passer par là. On va rebâtir des ponts  entre eux et nous. »

Quand à la question de savoir pourquoi les universités sont si « discrètes » dans ce combat, Herman Mbuwa explique qu’il faut en chercher les raisons dans l’infiltration des mouvements estudiantins par des gens favorables au régime. « Le pouvoir craint les universités et il tente donc de saboter tout mouvement avant qu’il ne puisse se développer. Mais avec les difficultés de la rentrée académique qui s’annonce, ce contrôle va être très compliqué« , conclut-il.

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