RDC : Voici venus les permis de conduire vraiment biométriques

RDC : Voici venus les permis de conduire vraiment biométriques

Par Hubert Leclercq

Pas à dire, la République démocratique du Congo s’engage pleinement sur la voie de la modernité. Après les cinq chantiers chantés par le clan Kabila lors de la présidentielle 2006, voici le temps des chantiers… vraiment biométriques. Après le passeport « vraiment biométrique » qui a soulevé un tollé général et qui devrait grevé le portefeuille des Congolais désireux de voyager de près de 200 dollars minimum, les autorités ont fait encore plus fort en annonçant « la mise en circulation imminente des permis de conduire véritablement biométriques ».

C’est à travers le communiqué officiel n°004/2017 daté du 18 septembre que le Vice-Premier ministre et ministre des Transports et de Communications José Makila Sumanda a rendu public la nouvelle. Une nouveauté qui implique la « suspension momentanée » de la délivrance de ces sésames pour les conducteurs par la Commission nationale de délivrance des permis de conduire.

Avec un sens civique qui lui fait évidemment honneur, le ministre Makila met par ailleurs en garde les Congolais d’éviter de se faire « escroquer » par « certains inciviques » qui s’adonneraient à la délivrance de faux permis de conduire.

Cette nouvelle, dont le texte a été signé trois jours après celui des passeports biométriques, ne va faire qu’accroître le mécontentement d’une population exsangue qui devra encore se délester d’un certain nombre de billets verts pour obtenir ce nouveau permis.

A qui profite le « vraiment biométrique » ?

Décidément, le business du « vraiment biométrique » devient très rentable en République démocratique du Congo. Pas pour les caisses de l’Etat, qui en auraient pourtant bien besoin, mais pour les gestionnaires de ces services qu’il faut aller chercher dans le proche entourage présidentiel.

Autre évidence, cette mesure touche encore bien plus de monde que celui des passeports et pourrait déclencher une nouvelle vague de protestation populaire, notamment dans les grandes villes où le permis de conduire est la seule ressource pour d’innombrables « taximen ». « Après la dépréciation du franc congolais, après la hausse du prix de l’essence, ces nouveaux permis vont finir par décourager nombre de chauffeurs. Sans compter que ces chauffeurs devront répercuter ces augmentations sur le prix de leurs courses », explique un patron de taxis kinois. « Cela veut dire qu’il sera encore plus difficile pour les Kinois de se déplacer. C’est toute l’économie qui va trinquer et ce sont ceux qui ont le moins qui seront le plus pénalisés. C’est de la folie », poursuit notre jeune patron qui possède trois voitures qu’il loue ou qu’il conduit lui-même. « Avant je restais souvent chez moi et je louais mes voitures. Aujourd’hui, j’ai repris un volant moi-même pour essayer de gagner un peu plus mais les gens deviennent chaque jour plus pauvre avec des tensions quotidiennes dans les  voitures. Ca ve devenir encore plus intenable ».

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