RDC : 7 à 8 cas enregistrés par jour à Bukavu

RDC : 7 à 8 cas enregistrés par jour à Bukavu

Esther Nsapu, correspondante à Bukavu

C’est depuis maintenant plusieurs mois que l’eau potable est devenue un casse-tête pour les habitants de Bukavu et environs. La ville connaît une forte carence en eau potable due à la fourniture irrégulière d’eau par la REGIDESO, la société nationale de distribution d’eau.

A ce jour, les habitants des quartiers des communes Nyawera, Bagira et Panzi et autres s’approvisionnent directement dans le Lac Kivu où encore à l’eau des puits creusés dans différentes parcelles de Bukavu afin de subvenir aux besoins de tous les jours. Certains utilisent même l’eau de pluie.

« Cela fait plus de 3 mois que nous puisons l’eau dans le Lac Kivu. Nous n’avons pas le choix, vu la distance à effectuer pour trouver l’eau de robinet. Je suis fatigué de me lever chaque jour à 4 heures du matin pour faire la queue. Je préfère encore aller au lac, c’est bien plus proche de mon quartier » se plaint Murula Amani, un habitant de camp Sayo.

Cette rareté d’eau potable et l’utilisation de l’eau du lac impropre à la consommation a provoqué plusieurs cas de cholera dans le Sud Kivu. Le Dr Bertrand Bamuleke, responsable du centre de traitement du choléra à l’hôpital général de référence de Bukavu explique que, depuis le début du mois de septembre, le nombre de victimes a baissé par rapport au mois d’août. Ce mois-là, le nombre de victimes était évalué à environ 584 cas (dont deux décès).

Zone de quarantaine

La zone de quarantaine installée au sein de l’hôpital pour soigner les malades accueille sans distinction hommes, femmes et enfants. Les hommes cotoient les femmes et les adultes les enfants. Bref, pas d’intimité.

Le docteur Bamuleke, responsable du centre de traitement de choléra, reconnaît qu’il doit faire face à plusieurs obstacles notamment à cause du nombre de malades qu’il doit accueillir chaque jour.

7 à 8 malades par jour

« L’hôpital accueille environs 7 à 8 malades par jour. Certains sont transférés chez nous via différentes structures de santé de la province. D’autres, par contre, proviennent directement de leurs domiciles. Conséquence, l’espace devient insuffisant ».

Face à cette épidémie, le docteur Bamuleke insiste en expliquant que les deux décès dus au choléra s’expliquent par le fait que les malades ont mis trop de temps pour se présenter au centre de santé. Il appelle donc les habitants de Bukavu à respecter et à observer les précautions d’hygiène pour ne pas augmenter les risques d’épidémie de choléra.

Et il en profite pour rappeler les règles de base : « consommer la nourriture cuite et bien laver les fruits, se laver correctement les mains au savon ou à la cendre avant de préparer et avant de manger, après avoir été aux latrines, après avoir changé les linges des bébés et avant de faire téter l’enfant. Il faut aussi garder les ménages propres surtout les lieux d’aisance, ne pas manipuler les corps de personnes mortes du choléra et suivre les instructions des agents de santé pour un enterrement digne et non retardé. »

Le Programme National pour l’Elimination du Choléra (PNEC), note une tendance à la baisse de l’épidémie par rapport à la semaine du 4 septembre, pendant laquelle mille sept cents cas, dont quatorze décès, ont été enregistrés. Des chiffres revus à la baisse la semaine suivante où mille cent cas de choléra, dont douze décès, ont malgré tout encore été enregistrés en République démocratique du Congo.

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