Il faut sauver la Nambie !

Il faut sauver la Nambie !

                      

Billet d’humeur

Par Philippe Paquet, envoyé spécial à New York

On se souvient que George W. Bush avait du mal à mémoriser les noms étrangers. Il s’était résolu à appeler le président pakistanais Pervez Musharraf tout simplement « le général ». Et quand il parcourait une carte de l’Europe, il confondait volontiers les « Gréciens » avec les « Serbiens ».

Donald Trump, lui, ne s’en sort pas mieux avec les pays africains. Le président s’est félicité, sur Twitter, des excellentes conversations qu’il a pu avoir mercredi avec les dirigeants africains qu’il avait invités à déjeuner en marge de l’Assemblée générale de l’Onu à New York. C’était, toutefois, sans compter le discours dans lequel il a malencontreusement tenu à mentionner plusieurs des Etats représentés, et devant une caméra qui plus est. Après avoir ramé quelque peu sur « Côte-d’Ivoire » (objectivement pas facile pour un anglophone) et « Guinea-Bissau » (pas simple non plus), il a sombré au large de la Namibie, qui est devenue « Nambia » (et qu’il faut logiquement traduire en français par Nambie).

Il n’en fallait pas plus pour que la Toile se déchaîne, et notamment le réseau social que Donald Trump affectionne tout particulièrement : Twitter. « Magnifique la Nambie, presque aussi envoûtante que le Zamunda voisin », se moquait un « follower » du Président, tandis qu’un autre se plaisait à imaginer son prochain tweet, plus vrai que nature (nature au demeurant très belle en Nambie, il faut en convenir) : « Nambia. Great place, terrific people, believe me. Wanna build a Trump Tower there one day. »

Certains internautes ont déploré qu’on perde son temps à éreinter le président des Etats-Unis pour une petite faute de prononciation (tout de même récurrente, et qui aura dû passablement agacer le digne président namibien, Hage Geingob – on n’ose d’ailleurs pas imaginer ce que son nom est devenu dans la bouche de Donald Trump), alors que l’ouragan Maria venait de dévaster l’île de Porto Rico (Morto Rio en langue trumpienne, à moins que cela ne soit Forte e Rico ?).

C’est vrai, c’est un peu mesquin et pas très charitable. Cependant, il ne faut pas sous-estimer non plus les conséquences de la méprise présidentielle. Il n’est pas impossible que, contrarié, Donald Trump annonce demain qu’il n’aura peut-être pas d’autre choix que de « détruire totalement » la Nambie. Et on regrettera alors de n’avoir pas pris au sérieux l’importance géostratégique de cette nouvelle nation.

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