La Guinée-Bissau à la chasse aux fonctionnaires fantômes

La Guinée-Bissau à la chasse aux fonctionnaires fantômes

Les autorités de Guinée-Bissau ont « bloqué » le versement du salaire de septembre de près d’un tiers des 13.000 fonctionnaires du pays, qu’elles soupçonnent d’être des agents « fictifs », a indiqué mercredi le ministre des Finances.

« Après un contrôle fait par une équipe de mon département, nous avons constaté que 4.000 agents fictifs, ou ne remplissant pas les conditions administratives correctes, perçoivent un et même parfois deux salaires », a déclaré à l’AFP le ministre, Alhaji Joao Amadu Fadia.

Les salaires du mois de septembre, qui devaient en principe être versés lundi, ont donc été « bloqués » jusqu’à ce que le ministère « y voit clair », a ajouté le ministre des Finances, en disant s’attendre à ce que la mesure « fasse des vagues ».

« Mon salaire n’a pas été versé et aucune explication ne m’a été donnée, aussi bien à la banque qu’au ministère des Finances », a déploré une journaliste de la radio publique, Fatima Camara.

Parmi les présumés fonctionnaires fantômes se trouveraient « de hauts cadre de l’administration », a estimé un ancien ministre des Finances, Gino Mendes.

« Il y a également beaucoup de fonctionnaire qui ne sont plus en vie, d’autres sont à la retraite depuis plusieurs années ou encore certains qui perçoivent deux, voire trois salaires payés dans des comptes différents dans des banques de la place », a ajouté M. Mendes.

« Chaque fois qu’un gouvernement tombe, celui qui le remplace ouvre les portes aux activistes de son parti », a expliqué un responsable du ministère de la Fonction publique s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

« C’est ainsi qu’un grand nombre de gens ont été recrutés sans passer de concours et sans réunir les critères requis par l’administration », a-t-il ajouté.

Petit pays d’Afrique de l’Ouest de 1,6 million d’habitants, la Guinée-Bissau a connu pendant plusieurs années des périodes d’instabilité politique et militaire marquées par des coups d’Etat et des mutineries de soldats.

Il traverse une crise politique profonde depuis 2015 et le limogeage par le président José Mario Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, bien que les deux hommes appartiennent à la même formation politique.

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