Nigeria : Heurts violents entre police et militants pro-Biafra

Nigeria : Heurts violents entre police et militants pro-Biafra

Un policier a été tué et 32 indépendantistes biafrais arrêtés suite à des manifestations violentes dans l’Etat de Rivers, dans le sud du Nigeria, a déclaré la police jeudi.

Un sergent de police de l’unité anti-émeute a été tué mercredi par « des membres présumés de l’IPOB (mouvement indépendantiste pour les peuples indigènes du Biafra, ndlr) qui se sont emparés de son arme », a déclaré le porte-parole de la police de Rivers. Plusieurs policiers ont également été blessés et un fourgon de police. Selon le porte-parole, une autre attaque s’était produite mardi à l’école de police de Port Harcourt, faisant plusieurs blessés dans les rangs de la police. Au total, « 32 suspects » ont été placés en détention provisoire ces deux derniers jours et « seront traduits devant les tribunaux après enquête », a-t-il précisé.

Couvre-feu dans l’Etat d’Abia

Le gouverneur de l’Etat voisin d’Abia a également imposé mardi un couvre-feu nocturne de trois jours après la montée des tensions ces derniers jours. De violents affrontements ont opposé les forces de l’ordre aux membres de l’IPOB, qui réclament l’indépendance du Biafra, région à grande majorité d’ethnie igbo. L’IPOB a affirmé que cinq de ses partisans avaient été tués dans les heurts, ce que l’armée a réfuté. Jeudi matin, un commissariat de police a en outre été incendié à Aba, centre économique de l’Etat d’Abia, faisant un blessé.

« L’armée et la police sont partout, ils recherchent des pro-Biafra maison par maison », a pour sa part affirmé à l’AFP un responsable local d’un autre mouvement pro-Biafra, le Massob, Anayochukwu Okpara. « Nous avons entendu de nombreux tirs pendant la nuit et maintenant il n’y a pas de mouvement dans la ville ».

Une vidéo circulait par ailleurs sur les réseaux sociaux depuis mercredi, montrant de supposés militaires punissant et humiliant des partisans de l’IPOB torse nu en les forçant à ramper dans la boue et à boire par terre; les images montrent également des corps immobiles et au moins un cadavre. Le lieu et la date n’étaient pas indiqués. L’armée a annoncé jeudi dans un communiqué qu’elle allait enquêter sur cette vidéo, affirmant que tout soldat coupable d’avoir enfreint le code de conduite devra répondre de ses actes devant la justice militaire.

Journalistes brutalisés

L’organisation Reporters sans frontières a, de son côté, accusé jeudi les militaires d’avoir fait irruption mardi dans les locaux d’un syndicat de la presse à Umuahia, la capitale de l’Etat d’Abia, brutalisant des journalistes et confisquant leur matériel.

Le chef de file de l’IPOB, Nnamdi Kanu, est poursuivi pour trahison et atteinte à la sécurité de l’Etat. Il est actuellement en liberté provisoire sous caution, en attendant le début de son procès à Abuja, qui devrait avoir lieu le mois prochain. Il avait été libéré fin avril sous caution, mais ses 18 mois de détention – au cours desquels il n’a pas hésité à haranguer les foules et construire sa base de soutien populaire -, ont attisé les colères et le sentiment d’exclusion des Biafrais.

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