Kenya : la Commission électorale reconnaît des défaillances dans la conduite de la présidentielle invalidée

Kenya : la Commission électorale reconnaît des défaillances dans la conduite de la présidentielle invalidée

Le président de la Commission électorale indépendante (IEBC) au Kenya, Wafula Chebukati, a reconnu dans un « mémo interne », dont le contenu a été divulgué jeudi par des médias, des défaillances ayant entaché la conduite de la présidentielle du 8 août dernier, ayant donné vainqueur le président sortant Uhuru Kenyatta mais invalidée par la Cour suprême.


Dans cette lettre « confidentielle » adressée au directeur exécutif de I’IEBC, Ezra Chiloba, le patron de l’organe public chargé de l’organisation des élections au Kenya a énuméré des erreurs commises par son équipe dans la conduite de ce scrutin invalidé et lui a demandé des explications à ce propos.

M. Chebukati a également exprimé son étonnement que certains procès-verbaux de bureaux de vote ne présentaient pas les signes d’authentification prévus par l’IEBC, en s’interrogeant pourquoi la Commission avait dépensé 848 millions de shillings (un dollar = environ 103 shillings) pour équiper en téléphones satellitaires les bureaux non couverts par le réseau téléphonique, mais qu’aucun n’a fonctionné.

Il s’est en outre interrogé sur le fait qu’un compte avec un identifiant et un mot de passe à son nom, créé sans son accord et sans qu’il en ait eu connaissance, ait été utilisé 9.934 fois pour accéder au système informatique de l’IEBC, ajoutant ne pas comprendre pourquoi les résultats de 10.366 des 40.883 bureaux de vote ont été envoyés par simple SMS, sans être accompagnés des formulaires censés faire foi. Il note que cela porte sur plus de 4,6 millions de votants (pour 19,6 millions d’inscrits).

Le président de l’IEBC a aussi relevé que 595 bureaux de vote n’ont envoyé aucun résultat, alors que le système d’identification des électeurs n’a pas fonctionné, demandant à M. Chiloba de lui préciser combien de personnes ont été autorisées à voter manuellement.

Concernant le système de transmission électronique des procès-verbaux des circonscriptions, M. Chebukati a dénoncé l’utilisation d’un serveur « poreux », posant un « risque clair », soulignant ne pas comprendre pourquoi certains kits de transmission des résultats étaient configurés pour fonctionner avec deux opérateurs qui ne couvraient pas certaines zones concernées, alors que les tablettes auraient pu être reliées à un troisième opérateur, contracté par l’IEBC, et qui couvrait lui les zones en question.

A rappeler que le président de l’IEBC avait opéré mardi un changement au sein du personnel de la Commission en nommant six nouveaux hauts responsables en perspective du nouveau scrutin présidentiel fixé au 17 octobre prochain.

Parmi ces responsables figurent un coordinateur de projet, un responsable informatique et un directeur des opérations.

Réagissant à cette lettre, cinq des sept commissaires de l’IEBC ont souligné dans un communiqué relayé par des médias, n’avoir ni été informés du contenu de ce mémo ni en avoir discuté en séance plénière, soulignant qu’une « lecture rapide de cette lettre montre que les accusations sont basées sur des informations qui n’ont pas été portées à l’attention de la Commission ».

Et d’ajouter que « la plupart des questions évoquées ne sont pas basées sur des faits et pourraient facilement mener à de mauvaises interprétations si elles étaient sorties de leur contexte ».

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