Maroc: tentatives de médiation dans le Rif

Maroc: tentatives de médiation dans le Rif

Deux tentatives de médiation ont été menées ces derniers jours pour tenter de désamorcer le mouvement de contestation populaire qui secoue la région du Rif, dans le nord du Maroc, ont rapporté mercredi des médias marocains.

L’une de ces médiations est menée par des membres de la société civile, dont Noureddine Ayouch, publicitaire de renom et militant associatif influent, selon le quotidien Akhbar Al Yaoum.

M. Ayouch a déclaré à ce journal arabophone avoir « terminé sa médiation avec les meneurs du hirak (la mouvance, nom de la contestation), et transmis un rapport sur le sujet aux +hautes sphères+ », sans donner plus de détails.

Avec des militants de la société civile, M. Ayouch a expliqué avoir eu trois rencontres avec les leaders du mouvement incarcérés à la prison de Casablanca, mais également à Al-Hoceïma avec des détenus, leurs proches et des responsables des secteurs de la santé et de l’éducation.

Une autre tentative de médiation est en cours, menée par « l’Initiative civile pour le Rif », qui rassemble aussi acteurs de la société civile, associations et intellectuels, toujours selon la presse, citant un communiqué de ce collectif.

Ces responsables ont également rencontré les leaders incarcérés du mouvement, et appelé les autorités à répondre « aux revendications légitimes des habitants » du Rif, et à « libérer les détenus ».
Al-Hoceïma et les localités voisines, situées dans la région historiquement frondeuse du Rif, sont depuis octobre dernier le théâtre d’un mouvement de contestation, dont les principaux leaders ont été arrêtés fin mai. Les sympathisants du « hirak » dénoncent la « marginalisation » de la région.
Les manifestations, d’abord pacifiques, ont été peu à peu émaillées par des violences, qui ont culminé le 20 juillet lors d’un grand rassemblement interdit à Al-Hoceïma.

La tension est descendue d’un cran avec une grâce accordée fin juillet par le roi Mohammed VI à une quarantaine de détenus.

Le décès début août d’un manifestant blessé lors des violences du 20 juillet et une nouvelle vague de lourdes condamnations fin août contre des militants du « hirak » a néanmoins suscité de nouvelles crispations.

Dimanche, une manifestation à Imzouren a été marquée par des heurts et des arrestations.
Mardi, Human Rights Watch (HRW) a appelé Mohammed VI à ordonner à une enquête « sérieuse et probante » sur les accusations de violences policières.

Dans un communiqué, l’ONG l’a accusé d’avoir jusqu’à présent « dédouané les forces de l’ordre de toute responsabilité dans les troubles ».

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