Sous la canicule, les fidèles musulmans lapident symboliquement Satan

Sous la canicule, les fidèles musulmans lapident symboliquement Satan

class="titraille"> Sous une chaleur suffocante, des employés de la sécurité saoudienne aspergent d’eau les visages de pèlerins épuisés sur la route les menant vers Mina, où le rituel de lapidation des stèles avait viré au drame en 2015.
Cette année, le grand pèlerinage à La Mecque a lieu sans incidents de sécurité ou sanitaires majeurs, se sont félicitées les autorités saoudiennes.
Au lendemain de leur ascension du mont Arafat, temps fort du hajj, plus de deux millions de fidèles célèbrent vendredi le premier jour de l’Aïd al-Adha, la fête du sacrifice.
A l’aube, une foule de pèlerins venus du monde entier s’ébranle et avance en direction d’un vaste campement aux pieds du mont Arafat, situé à l’est de La Mecque.
Ils lapident la première des trois stèles représentant Satan avec sept cailloux ramassés à Mouzdalifa, sur le chemin entre le mont Arafat et Mina.
« Ma mère est malade, je lui ai proposé de jeter les cailloux pour elle mais elle a insisté pour le faire », raconte Amine Hachkir, un trentenaire originaire de Casablanca, au Maroc.
Assis sur un trottoir aux côtés de sa mère et de sa soeur de 26 ans, il savoure un moment qu’il attendait depuis six ans.
« Mon père est décédé en 2011, on essaie de venir depuis cette année-là pour accomplir le hajj à sa place. Quelque chose manquait dans sa vie », confie-t-il.
Autour de cette famille s’agite une foule en chemin vers les stèles. Chacun trouve un moyen de se protéger du soleil avec parfois des objets insolites comme un parapluie « vaporisateur ».
Habiba Kabir, une Nigériane installée depuis deux ans à Ryad, se désaltère à l’une des fontaines installées le long du parcours.
« Deux pèlerins se sont évanouis devant moi ce matin », témoigne Almas Khattak, un volontaire pakistanais.
– ‘Sans accrocs’ –
Un dispositif policier conséquent a été déployé: sur un promontoire, trois responsables de la sécurité en uniforme communiquent par talkie-walkie pendant que d’autres forces régulent les flux, exhortant les pèlerins à ne pas s’attarder sur le site.
Des caméras de surveillance suivent également le mouvement des pèlerins, 2,35 millions selon l’agence de presse officielle saoudienne SPA.
Le souvenir de la bousculade de 2015 pendant ce rituel (2.300 morts) est toujours présent.
S’adressant à la presse, le général Mansour al-Turki, porte-parole du ministère de l’Intérieur, a déclaré que Ryad était engagé à assurer un pèlerinage « sans accrocs ».
« Notre plan (…) a été à la hauteur des standards requis », a affirmé de son côté le colonel Sami al-Choueirekh, haut responsable de la Sûreté générale saoudienne, se félicitant du « succès » des mesures de sécurité.
A l’occasion de l’Aïd al-Adha, de nombreux pèlerins achètent un coupon d’un montant d’environ 100 dollars (84 euros) garantissant le sacrifice d’une bête –un mouton en général– qui sera ensuite distribué aux pauvres.
Ils commémorent ainsi la soumission à Dieu d’Abraham, prêt à immoler son fils et auquel fut substitué in extremis cet animal.
Si pour encore une majorité de fidèles le pèlerinage représente « Le voyage » qu’ils accomplissent à l’automne de leur vie, il constitue pour d’autres un périple à répéter tous les ans s’ils en ont les moyens.
C’est le cas de Najat Malik, 45 ans et originaire de Khartoum. Elle accomplit le hajj chaque année depuis dix ans.
« J’attends toute l’année ce moment », dit cette employée du Croissant-rouge au Soudan. « Tous les ans, c’est différent. Parfois il y a moins de pèlerins en raison d’avertissements sur la propagation de maladies pendant le hajj. Mais, cette année, je sens qu’il y a plus de monde ».​

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