RDC : Mise au point de Pierre Lumbi au nom du Rassop

RDC : Mise au point de Pierre Lumbi au nom du Rassop

« Kabila doit partir ». Trois mots qui synthétisent de manière aussi concise que complète, les trois pages de mise au point du président du Conseil des Sages du Rassemblement de l’opposition congolaise, Pierre Lumbi.

Lumbi et son MSR, ancins alliés de poids de Kabila, ont refusé de suivre le président congolais et son clan sur le chemin tout tracé d’un maintien au pouvoir coûte que coûte. Une décision qui lui a valu son lot de soucis (arrestation de ses enfants et morts étranges et violentes de certains cadres de son parti) et de rancoeur. « Lumbi est devenu l’un des principaux ennemis de Kabila »,  nous expliquait un membre du gouvernement Matata II, il y a un peu moins d’un an. « Le président ne lui pardonnera jamais de l’avoir quitté. C’est pire qu’une désertion ou une trahsion à ses yeux. »

Aujourd’hui, Pierre Lumbi, devenu président du G7 et président du Conseil des Sages du Rassemblement de l’opposition n’est pas du genre à chercher la médiatisation à outrance. L’homme de l’est est un homme de l’ombre. Mais quand il sort de cette obscurité, ses mots n’ont qque plus de sens.

La déclaration qu’il vient de rendre publique ce vendredi 1er septembre en début de soirée a le mérite de la limpidité.

Le président du Conseil des Sages épingle la crise économique profonde qui ébranle les fondements même de l’Etat congolais. Un Etat quasiment en cessation de paiements, incapable de payer ses fonctionnaires et contraint de plonger dès lors le pays dans une crise profonde.

Pierre Lumbi en profite auss pour couper les ailes à l’annonce d’un compromis trouvé entre la Ceni, le gouvernement et le CNSA sur l’organisation des élections ou du moins… d’un calendrier électoral. Une « manoeuvre » pour tenter, « pour le pouvoir » en place de modifier la constitution par référendum pour permettre à Joseph Kabial de se maintenir au pouvoir. Pierre Lumbi décoche aussi quelques flèches en direction de la CENI occupée « à préparer une fraude à grande échelle » et à attendre le bon vouloir du président Kabila.

Pierre Lumbi n’est pas tendre non plus avec l’Union africaine, qui affiche résolument son soutien au président en place, quel que soit son statut et celui de sa légitimité.

Face à cette litanie de reproches le constat est sans appel : « Kabila doit partir », et le vieux sage du G7 d’annoncer qu’un calendrier d’actions a été confectionné, d’en appeler à la vigilance et à la mobilisation du peuple congolais avec une adresse particulière aux Kinois : « venez accueillir le président du Rasseblement de l’opposition, ce dimanche 3 septembre à 11 heures du matin à l’aéroport de Ndjili ».

Un nouveau round de tension est annoncée en RDC. Les manoeuvres précipitées de la majorité pour envoyer des gages ou des pseudos gages à l’opposition, apparaissent en réalité comme des messages essentiellement destinés à la communauté internationale.

La majorité présidentielle semble reservir les mêmes plats qu’en décembre dernier en marge, alors, des négociation menées par la Cenco. « Mais les mois ont passé, l’opposition, la société civile et le clergé catholique congolais n’ont pas oublié comment ils ont été manipulés par le pouvoir », explique un journaliste kinois, qui poursuit : « le cocu peut accepter de rendre une chance à sa femme mais pas deux. En cas de récidive, c’est le divorce immédiat et avec fracas. C’est ce qui est train de se passer. La crise économique, jumelée à la crise politique et à la fatigue d’une population affamée sont les éléments constitutifs d’un cocktail hautement dangereux« , prédit-il. Avant de conclure : « Pierre Lumbi n’est pas un va-t-en guerre. Cette déclaration  et cet appel à la mobilisation qu’il fait à travers ce communiqué, c’est un moment important dans le bras de fer entre la majorité et l’opposition. La marge de manoeuvre pour une solution pacifiste et démocratique se restreint de plus en plus ».

 

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