Kasaï: la Monusco condamne une intrusion de militaires dans sa base

Kasaï: la Monusco condamne  une intrusion de militaires dans sa base

Par Marie-France Cros

La Monusco (Mission de l’Onu au Congo) a condamné « fermement », mardi soir, « la violation de la propriété des Nations Unies à Kananga, province du Kasaï Central, le lundi 28 août, par des soldats de l’armée congolaise.

Un groupe de soldats, sous les ordres du général Marcellin Assumani, commandant des opérations dans la région des Kasaï, a forcé l’entrée de la base de la MONUSCO au prétexte de « poursuivre un journaliste venu s’y réfugier ».

Ce dernier, selon la presse congolaise, est le journaliste Edouard Diyi Tshitenge, directeur de la radio Kasaï Horizons. Il devait participer à une conférence, organisée à la paroisse catholique St-Marc de Kananga, destinée à rendre compte du « colloque de Paris ». Ce dernier s’est terminé, le 18 août dernier, par la signature, par une dizaine d’associations de la société civile, d’un « Manifeste du citoyen congolais » réclamant le départ du président Joseph Kabila – dont le dernier mandat légal est venu à échéance en décembre 2016 – et la mise en place d’une « transition citoyenne ».

Le général interdit la conférence

Le général Assumani a interrogé les organisateurs sur le contenu de la conférence alors que les participants arrivaient et a décidé de l’interdire en raison de la « situation sécuritaire encore fragile du Kasaï »; il a donné l’ordre de vider les lieux.

Ce faisant, le directeur de Kasaï Horizons a été suivi par une foule importante désireuse de connaître les décisions du « colloque de Paris » et le journaliste a distribué le texte autour de lui. Le général Assumani a alors ordonné son arrestation et Edouard Diyi a pris la fuite vers la concession de la Monusco, où il est entré, poursuivi par les militaires. Cette intrusion a provoqué une dispute avec les casques bleus qui s’est terminée par le retrait des militaires congolais et les excuses du général Assumani, selon la presse congolaise.

La Monusco inviolable

Dans un communiqué, les Nations Unies se sont dites « préoccupées par ce très grave incident, d’autant plus que celui-ci s’est déroulé sous le commandement direct d’un officier supérieur ». « Les locaux de la Monusco sont inviolables en vertu de l’Accord sur le statut des Forces entre les Nations Unies et le Gouvernement de la République démocratique du Congo (SOFA), ainsi que la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies », rappelle le communiqué.

Et de demander « au gouvernement congolais de s’assurer que les responsables de cet incident répondent de leurs actes et de prendre les mesures nécessaires pour que cela ne se reproduise plus », a indiqué M. Sidikou, chef de la MONUSCO.

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