Cameroun: une télé indépendantiste anglophone suscite la colère de Yaoundé

Cameroun: une télé indépendantiste anglophone  suscite la colère de Yaoundé

Une chaîne de télévision indépendantiste anglophone, diffusée dans les deux régions de cette minorité linguistique du Cameroun, a suscité mardi la colère du gouvernement de Yaoundé, qui a demandé son arrêt « sans délai » en dénonçant son « caractère séditieux et haineux ».

La Southern Cameroon Broadcasting Corporation (SCBC TV) est diffusée depuis quelques semaines uniquement en ligne dans les deux régions du sud-ouest et du nord-ouest, sur les dix que compte le pays.

La voix de l’Ambazonie

Sur sa page Facebook, la chaîne se présente comme « la voix de l’Ambazonie », du nom de la république indépendantiste que certains anglophones veulent créer pour rompre avec la majorité francophone du pays. La Scbc Tv appelle au boycott de la prochaine rentrée scolaire, prévue le 4 septembre.

« La SCBC TV est un organe de propagande du groupement dénommé Southern Cameroon National Council (SCNC) », a accusé Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement. Il s’agit d’un mouvement séparatiste anglophone interdit par les autorités en janvier dernier.

« Le ministre de la Communication demande aux câblo-opérateurs concernés de cesser sans délai toute reprise du signal, de même que toute diffusion des programmes de (cette) chaîne de télévision, sous peine de fermeture de leurs entreprises et de confiscation de leurs équipements, sans préjudice des poursuites judiciaires à leur encontre », a écrit le ministre dans un communiqué. Certains distributeurs locaux à Bamenda ont déjà été interpellés, a affirmé une source proche des autorités sur place. Selon cette source, certains ménages utilisent leur antenne satellite pour capter le signal de la chaîne.

Un Camerounais sur cinq

Depuis novembre, la minorité anglophone du Cameroun – environ 20% de la population totale du pays, estimée à 22 millions d’habitants – manifeste contre le pouvoir central, s’estimant marginalisée. Les modérés exigent le retour au fédéralisme alors que des radicaux prônent la partition du pays. Yaoundé n’est favorable à aucune de ces options.

En prévision de la rentrée, les autorités ont renforcé la sécurité dans les deux régions anglophones. La dernière année scolaire a été fortement perturbée dans les deux régions et les résultats aux examens étaient mauvais.

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