Attaque terroriste au Burkina: les Ouagalais prennent toujours leur mal en patience…

Attaque terroriste au Burkina: les Ouagalais prennent toujours leur mal en patience…

Les principales avenues et artères de Ouagadougou vivent toujours au rythme d’une reprise timide où pratiquement tout un chacun demeure sur le qui-vive et en vigilance accrue, malgré la présence de plus en plus visible des forces de sécurité, dont les engins bien-équipés sillonnent à longueur de journée et la nuit les endroits à proximité desquels l’attentat terroriste s’est produit, faisant 19 morts, dont les deux assaillants, et des dizaines de victimes de huit nationalités étrangères, outre les autochtones.

Les cafés-restaurants huppés détenus par des expatriés, cibles privilégiées des terroristes, et régulièrement fréquentés par les ressortissants étrangers établis à Ouagadougou, sont quasiment désertés par une clientèle craintive et paient le lourd-tribu de cette attaque sanguinaire, dans la mesure où leurs affaires frôlent désormais la banqueroute, a constaté la MAP sur place.

En effet, ces lieux de détente et de convivialité avaient, d’ores et déjà, fait l’objet d’un attentat terroriste similaire, revendiqué par l’Organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ayant fait 30 morts et 71 blessés. Il s’agissait de Splendid Hôtel et du café-restaurant Cappuccino, dont des membres du propriétaire de ce dernier ont été froidement abattus, en plus d’autres burkinabè et ressortissants étrangers qui n’avaient commis le moindre tort, excepté le fait d’être au mauvais endroit et au mauvais moment.

Lors de cette attaque cruelle des Djihadistes, survenue en janvier 2016, une ressortissante marocaine, Leïla Alaoui, qui se trouvait à Ouagadougou, dans le cadre d’une mission pour le compte d’Amnesty International, avait été également tuée.

« Depuis fort longtemps, nous avons opté pour Ouagadougou, ville réputée par sa quiétude, son caractère paisible et la sécurité qui y règne, outre la tolérance, l’amabilité et la bonhomie des Ouagalais », a confié à la MAP, Mahmoud, un Libanais gérant d’un café-restaurant avec amertume et nostalgie.

Le récent attentat, qui a visé le café-restaurant Aziz Istandul, situé sur l’avenue Kwame N’krumah, « nous a surpris et estomaqué, à plus d’un titre. Cet endroit Halal ne servait même pas de boissons alcoolisées et de surcroit, deux imams koweïtiens en déplacement à Ouagadougou, dans le cadre d’une mission religieuse, y ont perdu la vie. Quel gâchis ! », a-t-il déploré.

Les Djihadistes, qui se targuent d’être Musulmans, une religion de tolérance qui banni avec force tout acte de nature à attenter à la vie d’innocents, disposent d’une capacité de nuisance destinée à outrance et sans motif évident à semer la zizanie et la discorde et à porter préjudice à la sécurité et à la stabilité de pays déjà meurtris et fragilisés par la pauvreté et d’autres maux qui les gangrènent. Mais quel est exactement leur objectif ? S’est-il interrogé.

A noter que, depuis avril 2015, le Burkina Faso est entré dans une spirale de kidnapping et d’attaques de Djihadistes, en particulier dans le nord du pays ayant des frontières terrestres communes avec le Mali et le Niger.

De par leur nature, les Burkinabè ne sont guère habitués à ce genre d’agressions furtives et à l’aveuglette, a fait savoir Thierry, quadragénaire, employé d’une société privée de sécurité, appelant les pouvoirs publics à ne ménager aucun effort et à ne point lésiner sur les moyens en vue d’assurer aux forces de l’ordre une formation pointue à la mesure des défis sécuritaires auquel est confronté actuellement le pays.

Samedi dernier, environ un millier de personnes ont marché dans un silence olympien à Ouagadougou pour dire « Non à la barbarie! ». Ils ont brandi des banderoles sur lesquelles l’on peut lire, notamment: « Hommage aux victimes de l’ignominie », « le Burkina reste debout contre la barbarie pour la démocratie et la paix » ou « non au terrorisme au Burkina et partout dans le monde ».

En dépit de leurs diatribes inquisitoires, les Ouagalais semblent déterminer à aller de l’avant. Décidés à ne pas plier l’échine et à ne pas lâcher du lest, ils s’estiment en droit de scruter un avenir moins sombre et d’aspirer à une aide et assistance de leurs partenaires susceptible de leur permettre de transcender, une fois pour toutes, cette conjoncture embrouillée et de concrétiser leur rêve à une vie meilleure.

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