RDC: adoption d’un manifeste de la société civile pour une « transition citoyenne »

RDC: adoption d’un manifeste de la société civile pour une « transition citoyenne »

Une dizaine d’associations et mouvements de la société civile congolaise ont signé vendredi à Paris un manifeste réclamant le départ du président Joseph Kabila et la mise en place d’une « transition citoyenne », à l’issue d’une « campagne d’actions pacifiques ». « Nous nous sommes réunis du 15 au 17 août à Paris pour réfléchir à la mobilisation citoyenne pour le retour à l’ordre constitutionnel en République démocratique du Congo (RDC) » , a expliqué le professeur André Mbata au cours d’une conférence de presse.

La RDC, géant au coeur de l’Afrique (70 millions d’habitants, 2,3 millions de km2, neuf frontières), traverse une crise politique aggravée par le maintien au pouvoir du président Kabila malgré la fin de son deuxième mandat le 19 décembre 2016. La Constitution lui interdit de se représenter.

Des élections devaient avoir lieu d’ici la fin de l’année 2017, selon un accord conclu le 31 décembre entre le pouvoir et l’opposition, mais les autorités avancent que le scrutin sera sans doute retardé. L’opposition et une partie de la société civile réclament son départ, la publication d’un calendrier électoral et des élections.

Les associations signataires, réunies à Chantilly l’initiative de l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique (IDPGA) ont adopté un « manifeste du citoyen congolais ».

« Sous le régime en place, la terreur est devenue un mode de gouvernance », dénoncent les signataires pour qui « Joseph Kabila s’impose à la tête de l’Etat par la violence des armes et la corruption financière dans le but d’asseoir durablement son régime de prédation, de paupérisation et de pillage des ressources du pays ».

Pour elles, M. Kabila « a foulé aux pieds » l’accord conclu avec l’opposition, après les « tragédies meurtrières à travers le pays (…) dans le but de décréter indûment l’état d’urgence et retarder l’organisation des élections prévues par la Constitution ».

La région du Kasaï (centre) est en particulier frappé par des violences, qui impliquent miliciens, soldats et policiers et ont causé depuis un an la mort de plus de 3.000 personnes, d’après des chiffres rassemblés par l’Eglise catholique, et environ 1,4 million de personnes ont fui leurs foyers dans cette région, selon l’ONU.

Les associations, qui appellent les citoyens et les partis politiques congolais à adhérer à ce manifeste, exigent le départ de M. Kabila et promettent une « grande campagne d’actions pacifiques et non violentes » pour mettre en place une « transition citoyenne ».

Le manifeste, dont l’agence Belga a obtenu une copie, a notamment été signé par le mouvement citoyen Filimbi (Coup de sifflet en swahili), le mouvement des jeunes indignés Lucha (Lutte pour le changement) et le nouveau mouvement Congolais debout, créé début août par l’homme d’affaires Sindika Dokolo, le gendredu président angolais José Eduardo dos Santos.

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