La CPI confirme en appel la condamnation de l’Ougandais Dominic Ongwen

La CPI confirme en appel la condamnation de l’Ougandais Dominic Ongwen

La Cour pénale internationale (CPI) a confirmé en appel jeudi la condamnation à 25 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité de Dominic Ongwen, enfant soldat ougandais devenu un des principaux commandants de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).

Dominic Ongwen, enlevé sur le chemin de l’école vers l’âge de neuf ans par la LRA, dirigée par le fugitif Joseph Kony, a été reconnu coupable l’an dernier de meurtre, viol et esclavage sexuel dans le nord de l’Ouganda au début des années 2000.

Son procès, qui s’est ouvert il y a six ans, est unique dans l’histoire de la CPI, qui siège à La Haye, créée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde. Il s’agissait de la première fois que la cour était appelée à se pencher sur la question d’une victime, un enfant soldat, devenu auteur de crimes.

Malgré son passé et les traumatismes vécus, les juges, en première instance et en appel, ont estimé que M. Ongwen devait être tenu responsable pour son rôle clé dans les atrocités commises par la LRA.

« La chambre d’appel rejette l’ensemble des moyens d’appel présentés par la défense et confirme à l’unanimité la décision relative à la culpabilité » de M. Ongwen, a déclaré la juge présidente Luz del Carmen Ibáñez Carranza.

Plus tard jeudi, la chambre d’appel a également confirmé, à la majorité, la peine de 25 ans de prison prononcée contre le chef rebelle, qui semble avoir une quarantaine d’années mais dont la CPI ignore l’âge exact.

Vêtu d’un costume sombre et d’une cravate, M. Ongwen est resté impassible à l’écoute de l’arrêt, faisant brièvement un signe de la main vers la galerie publique.

Fondée en Ouganda dans les années 1980 par l’ex-enfant de choeur Joseph Kony en vue d’établir un régime fondé sur les Dix Commandements, la LRA a terrorisé pendant 30 ans de larges zones d’Afrique centrale en kidnappant des enfants, mutilant des civils à grande échelle et asservissant des femmes.

« La chambre d’appel tient à reconnaître les souffrances extrêmes qu’ont enduré les victimes des crimes commis par Dominic Ongwen », a déclaré la juge.

– « Bouc émissaire » –

La défense estimait que la condamnation et la peine devaient être annulées parce qu’il avait été lui-même victime de la LRA en tant qu’enfant soldat.

« Dominic Ongwen était et est toujours, un enfant », avait déclaré devant la cour en février son avocat Krispus Ayena Odongo, ajoutant que son client croyait toujours qu’il était « possédé » par l’esprit de Joseph Kony.

Le procureur de la CPI a par ailleurs récemment demandé aux juges de confirmer les charges retenues contre Joseph Kony, en cavale depuis plus de 17 ans, pour qu’une fois capturé, son procès puisse avoir lieu le plus rapidement possible.

La LRA est responsable de la mort de plus de 100.000 personnes et de l’enlèvement de 60.000 enfants, garçonnets transformés en soldats dociles et fillettes en esclaves sexuelles.

Ongwen a été déclaré coupable de 61 chefs de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dont celui de grossesse forcée, une première pour la CPI.

La cour estime que M. Ongwen ne souffrait d’aucune maladie mentale, malgré son enlèvement et les brutalités subies aux mains de la LRA et que la « Fourmi blanche » – son nom de guerre – avait personnellement ordonné de massacrer des civils dans des camps de réfugiés entre 2002 et 2005.

La défense avait fait appel pour plus de 100 motifs, affirmant notamment que M. Ongwen faisait figure de « bouc émissaire » du mouvement rebelle.

C’est Joseph Kony qui devrait être sur le banc des accusés, en tant que plus haut responsable de la LRA, estimait alors la défense.

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