Meurtres d’experts en RDC: des enquêteurs de l’ONU veulent plus d’investigations

Meurtres d’experts en RDC: des enquêteurs de l’ONU veulent plus d’investigations

Des enquêteurs de l’ONU, chargés d’élucider les meurtres de deux experts de l’organisation en mars dans la République démocratique du Congo, jugent que des investigations complémentaires sont nécessaires pour identifier formellement les auteurs de ces crimes, selon le secrétaire général des Nations unies.

Dans une lettre datant du 15 août et adressée au Conseil de sécurité, Antonio Guterres souligne les conclusions des enquêteurs, selon lesquels « des investigations et des procédures judiciaires supplémentaires seraient nécessaires pour identifier avec certitude l’identité, les affiliations et les mobiles des individus impliqués dans les meurtres » de l’Américain Michael Sharp et de la Suédo-Chilienne Zaida Catalan. En mars, ces deux jeunes experts, qui enquêtaient sur les violences et sur des fosses communes au Kasaï (centre), ont été assassinés. La jeune femme a été décapitée.

Un rapport remis en juin au Conseil de sécurité avait estimé que le double meurtre était un « guet-apens prémédité » et n’excluait pas l’implication de membres de la sécurité d’État. Si des arrestations sont intervenues, les auteurs du document ont estimé que d’autres suspects cruciaux sont passés au travers des mailles du filet et que les forces de sécurité gouvernementales impliquées dans l’enquête ne coopéraient pas suffisamment. Le document réclamait aussi du Conseil de sécurité une enquête internationale indépendante.

Lors d’une rencontre mercredi avec la presse, Antonio Guterres a indiqué avoir remis la veille aux membres du Conseil de sécurité le résumé d’un nouveau rapport rédigé cette fois par des enquêteurs de l’ONU chargés du double crime. Il est « clair dans ce rapport que les deux experts sont des victimes innocentes, ils n’ont rien fait qui puisse contribuer à ce crime intolérable ». « C’est naturellement mon intention de tout faire dans les contacts, et avec le gouvernement du Congo et avec le Conseil de sécurité, pour que les criminels soient punis », a-t-il ajouté, promettant des « propositions adéquates » après ces discussions.

En République démocratique du Congo, le tribunal militaire de Kananga qui juge l’affaire depuis juin a décidé début août contre l’avis du gouvernement que toutes les parties concernées pourront se rendre sur les lieux du crime. Cette visite est prévue lundi prochain. Les violences qui impliquent miliciens, soldats et policiers au Kasaï ont causé depuis un an la mort de plus de 3.000 personnes, d’après des chiffres rassemblés par l’Église catholique, et environ 1,4 million de gens ont fui leurs foyers dans cette région, selon l’ONU.

Les violences ont éclaté en septembre, un mois après la mort d’un chef traditionnel, Kamwina Nsapu, tué lors d’une opération militaire après s’être révolté contre le pouvoir de Kinshasa.

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