Tchad: une dizaine de militaires tués dans une nouvelle attaque de jihadistes

Tchad: une dizaine de militaires tués dans une nouvelle attaque de jihadistes

Une dizaine de militaires tchadiens ont été tués mardi dans une nouvelle attaque jihadiste dans la région du lac Tchad, repaire des groupes Boko Haram et Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), qui s’en prennent régulièrement aux militaires et aux civils.

Ce nouvel assaut survient 10 jours après une tournée dans la zone du président, le général Mahamat Idriss Déby Itno, qui y avait proclamé publiquement, non loin des lieux de l’attaque, que les jihadistes « aujourd’hui » n’avaient « plus la force de s’attaquer aux casernes » et ciblaient désormais « la population et ses biens ».

Les jihadistes ont opéré en plein milieu de la nuit et visé une unité de l’armée « dépêchée en précurseur pour installer un poste avancé dans l’île de Bouka-Toullorom », près de Ngouboua, a expliqué dans un communiqué le porte-parole de la présidence tchadienne, Brah Mahamat. « Il y a eu une dizaine de morts et des blessés, tous des éléments des forces de défense », a-t-il précisé à l’AFP, imputant l’attaque à « Boko Haram ».

Aux confins du Tchad, du Niger, du Cameroun et du Nigeria, le lac Tchad est une vaste étendue d’eau et de marécages parsemés de centaines d’îlots dont certains servent de repaire à des groupes très mobiles de Boko Haram et à l’ISWAP dans un paysage qui ne permet pas de déplacer des blindés et des équipements lourds. Les jihadistes s’attaquent régulièrement aux armées et aux civils des quatre pays riverains.

– Boko Haram –

Un responsable de l’armée, invoquant, lui, un bilan d’une « trentaine de militaires tués », assure à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, que les assaillants sont repartis avec des équipements de leurs victimes, y compris « des armes lourdes ».

Il assure aussi que ce poste de l’île de Bouka-Toullorom, qui compte 150 soldats, venait d’être installé, sur ordre du président Déby.

Cette offensive « vient confirmer la présence encore active de la nébuleuse Boko Haram dans le bassin du lac Tchad », a ajouté Brah Mahamat. Les autorités tchadiennes appellent indistinctement « Boko Haram » le groupe du même nom et l’ISWAP.

Pour les combattre, en 2015, les armées de ces quatre pays riverains du lac ainsi que celle du Bénin ont réactivé une Force multinationale mixte (FMM) créée en 1994. En juin, cette force avait affirmé avoir tué plus de 800 jihadistes en deux mois sur des îles du Lac Tchad.

La dernière attaque jihadiste dans cette zone avait fait deux morts parmi les militaires en août. Mais 12 avaient péri en avril 2021, puis 26 en août.

– Rempart –

C’est en mars 2020 que l’armée tchadienne avait essuyé les pertes les plus importantes jamais enregistrées en une seule attaque: une centaine de militaires avaient été tués en une nuit dans l’assaut d’une importante base sur la presqu’île de Bohoma.

Cela avait écorné la réputation d’une armée présentée comme l’une des meilleures d’Afrique centrale et de la bande sahélienne, souvent vue par les pays occidentaux comme un rempart contre le terrorisme en Afrique.

Le chef de l’Etat d’alors, le maréchal Idriss Déby Itno, père de l’actuel président, avait lancé et mené en personne une offensive majeure contre les jihadistes, nommée « Colère de Bohoma », jusque très loin sur le territoire nigerian avec la bénédiction d’Abuja. Il avait déjà assuré, à son terme, avoir « chassé » les jihadistes de son pays.

« Tout en réitérant le ferme engagement du Tchad à mettre hors d’état de nuire le terrorisme au Tchad et dans la sous-région, le chef de l’Etat appelle la communauté internationale à prendre la pleine mesure de cette menace réelle et à agir en conséquence », a exhorté la présidence dans son communiqué.

L’insurrection de Boko Haram est apparue en 2009 au Nigeria avant de se propager dans les pays voisins. Depuis, plus de 36.000 personnes – principalement au Nigeria – ont été tuées et trois millions ont dû fuir leur domicile, selon l’ONU.

Que pensez-vous de cet article?

Soyez la première personne à évaluer cet article.