Présidentielle rwandaise: Paul Kagame promis à un nouveau mandat

  • Dans Rwanda
  • 4 août 2017
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Présidentielle rwandaise: Paul Kagame promis à un nouveau mandat

Ajoute votes de Paul Kagame et Frank Habineza, déclarations d’Habineza.

Les Rwandais votaient vendredi pour un scrutin présidentiel promis à Paul Kagame, l’homme qui dirige le pays des mille collines d’une main de fer depuis 1994 et y brigue un troisième mandat de sept ans.

Visionnaire pour les uns, despote pour les autres, l’homme fort du Rwanda, 59 ans, est opposé à deux candidats peu connus des Rwandais qui sont passés quasiment inaperçus dans une campagne de trois semaines phagocytée par le Front patriotique rwandais (FPR), parti contrôlant toutes les sphères de la société de ce petit pays de la région des Grands Lacs.

Installés dans des écoles et autres lieux publics, les bureaux de vote du pays se sont parés des couleurs nationales – bleu, jaune et vert – et ont ouvert vers 07H00 (05H00 GMT). Des enceintes sonores installées dans certains d’entre eux crachaient des chansons en kinyarwanda appelant la population à voter.

Le chef de l’Etat a voté avec son épouse vers 11H00 locales dans une école du centre de la capitale Kigali où la sécurité avait été renforcée, notamment à l’aide d’un portique de détection de métaux et d’un chien renifleur.

Dans un autre bureau de vote de la capitale, une agricultrice de 53 ans a illustré le fossé séparant M. Kagame de ses deux concurrents en affirmant ne pas connaître Frank Habineza, leader du seul parti d’opposition toléré au Rwanda(parti démocratique vert) et Philippe Mpayimana, candidat indépendant.

« On n’a manqué de rien » avec Paul Kagame, a soutenu Marie-Rose Nyiraguro, arborant une tunique orange et un foulard sur la tête. « C’est l’envoyé de Dieu sur terre », a-t-elle renchéri.

Habineza se voulait toutefois positif après avoir voté vers 09H00 (07H00 GMT) dans son quartier de Kimironko, à Kigali. « C’est la première fois depuis 23 ans qu’un parti d’opposition se trouve sur les bulletins de vote », a-t-il déclaré par téléphone à l’AFP. Dans le Rwanda post-génocide, seuls des candidats indépendants ou alliés à M. Kagame ont pu se présenter à l’élection présidentielle.

Quelque 6,9 millions de Rwandais sont enregistrés comme électeurs et répartis dans 2.343 bureaux à travers le pays. Ces derniers doivent fermer à 15H00 (13H00 GMT), et les résultats ne sont pas attendus avant samedi.

– Opposition de ‘façade’ –

En amont du scrutin, MM. Habineza et Mpayimana s’étaient plaint de nombreuses difficultés, dont le peu de temps à leur disposition pour lever des fonds et faire campagne.

Lors d’un récent meeting, M. Habineza avait assuré à l’AFP que placarder les couleurs de son parti avait été un vrai défi: « On nous a dit qu’on ne pouvait pas mettre nos drapeaux là où le FPR avait mis les siens, mais malheureusement le FPR a mis les siens partout! ».

La victoire de M. Kagame ne semble faire aucun doute depuis le plébiscite par référendum en décembre 2015 – 98% des voix – d’une modification de la Constitution, critiquée par les observateurs, lui permettant de briguer un nouveau mandat de 7 ans et potentiellement de diriger le pays jusqu’en 2034.

Paul Kagame est l’homme fort du Rwanda depuis que le FPR a renversé en juillet 1994 le gouvernement extrémiste hutu ayant déclenché le génocide qui a fait 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi.

Il a d’abord été vice-président et ministre de la Défense, dirigeant de facto le pays, avant d’être élu président en 2000 par le Parlement. En 2003 et 2010, il a été reconduit au suffrage universel avec plus de 90% des voix.

Kagame est crédité du spectaculaire développement, principalement économique, d’un pays exsangue au sortir du génocide. Mais il est aussi accusé de bafouer la liberté d’expression et de réprimer toute opposition.

De nombreuses voix critiques ont été emprisonnées, forcées à l’exil et pour certaines assassinées. Des observateurs assurent que les candidatures de MM. Habineza et Mpayimana ne sont qu’une « façade » à destination de la communauté internationale.

Selon Robert Mugabe, un des rares journalistes rwandais ouvertement critiques, « il n’y a pas d’élection au Rwanda, juste un couronnement ».​

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