Polémique autour d’une « visite privée » du président soudanais Omar el-Béchir au Maroc

  • Dans Soudan
  • 4 août 2017
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Polémique autour d’une « visite privée » du président soudanais Omar el-Béchir au Maroc

Le président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup d’un mandat d’arrêt international, est arrivé jeudi soir au Maroc pour une « visite privée » qui suscite l’indignation de défenseurs des droits de l’homme au royaume.

M.el-Béchir est arrivé à l’aéroport de Tanger, accompagné d’une délégation de ministres et de hauts responsables de son pays, a rapporté le site d’informations Le360. Plus tôt dans la journée, l’agence de presse officielle soudanaise (SUNA) avait indiqué que cette visite à titre « privé » allait durer « plusieurs jours », sans plus de détails. Annoncée depuis près d’une semaine par la presse soudanaise, la venue de M. el-Béchir suscite de vives réactions chez des défenseurs des droits de l’homme dans le royaume, qui ont adressé début août une pétition au chef du gouvernement marocain pour « protester » contre cette visite et « demander son annulation ». « La visite d’un sanguinaire ne fait pas honneur à notre pays (…) et ne sert pas les intérêts du peuple marocain », lit-on dans cette pétition qui compte une quarantaine de signataires, dont des figures connues de la cause des droits de l’homme au Maroc. Le président soudanais est visé par deux mandats d’arrêt internationaux émis par la Cour pénale internationale (CPI) en 2009 et 2010 pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis au Darfour, province de l’ouest du Soudan en proie depuis 2003 à une guerre civile qui a fait 330.000 morts, selon l’ONU. Mais il continue de voyager dans certains pays sans être inquiété. Après le Rwanda et l’Afrique du sud, il devrait se rendre à Moscou en août en réponse à l’invitation de Vladimir Poutine, selon Khartoum. Le Maroc, qui ne fait pas partie des 124 pays signataires du Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour, avait déjà par le passé accueilli Omar el-Béchir.

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