Move with Africa  compte-rendu du 23 octobre 2021

Move with Africa   compte-rendu du 23 octobre 2021

Ce samedi 23 octobre, le réveil s’annonce tôt : nous avons rendez-vous à Namur avec les participants des sept autres écoles afin de nous former tous ensemble pour notre projet Move With Africa.

Vers 8h, nous attendent des gaufres, jus, café, chocolat chaud, thé. C’est l’occasion de se retrouver après une longue route pour certains. Ensuite, nous nous rassemblons tous dans une grande pièce. Là, nous accueillent Pierre de AfricapSud et Constance, la responsable de la collaboration avec la Libre Belgique.

Nous commençons quelques jeux (chef d’orchestre, l’assassin…). Ensuite, Pierre nous montre notre local où se déroulera la première animation.

Il s’agit d’un jeu assez complexe. Chacun d’entre nous a une enveloppe avec des bouts de papiers de différentes couleurs. Chaque teinte avait sa propre valeur monétaire mais nous ne le savions pas ! Nous devions échanger nos tickets avec les autres, sans vraiment comprendre ce que nous faisions…

Ensuite, nous avons pu calculer le montant gagné par chacun lorsque les valeurs nous ont été dévoilées. Pierre nous range alors dans des catégories : les Carrés, les Ronds, les Triangles (l’ordre correspond du plus riche au plus pauvre). Dans la suite des épreuves, des difficultés surviennent : peu de monde arrive à changer de niveau!

Les Triangles sont méprisés, déchaussés et arnaqués par leurs supérieurs. Alors que les Carrés ne cessent de s’enrichir.

A la fin, nous comprenons qu’il s’agit d’un schéma simplifié qui reflète la réalité. Quand on nait « Triangle » (pauvres), il est extrêmement rare de devenir « Rond » (middle class) puis « Carré » (riches). Nous, en Occident, sommes les « Carrés » et au Bénin, il est probable que les personnes soient « Ronds » et « Triangles ». Il faut donc s’attendre à ce qu’ils ressentent ce que les élèves Triangles ont ressenti durant l’animation face aux Carrés: de l’injustice, de la frustration, du mépris et de l’impuissance. Ce sont des stéréotypes que personne ne saura briser si le système socio-économique ne change pas. Même un Carré exprimait sa difficulté de convaincre ses compagnons Carrés à faire autre chose que de s’enrichir sur le dos des Triangles. Ceux-ci désiraient devenir Carrés avec la forte tentation d’y arriver par n’importe quel moyen! Pierre, qui écrivait au fur et à mesure la somme d’argent récoltée par chacun au tableau pour nous faire prendre conscience visuellement de ce qui se passe réellement et qui jouait le jeu des Carrés au détriment des Triangles, personnifiait le rôle actuel du Fonds Monétaire International (FMI) et d’autres Banques nationales et internationales dont la Banque mondiale, qui cherche à maintenir le système « capitaliste » en place en faveur des Carrés car ils en tirent eux-mêmes profit !

Il est midi : nos ventres gargouillent. Il est temps de faire une pause pour manger. Nous avons aussi l’occasion de parler avec les élèves des autres écoles.

Avant de commencer l’atelier de l’après-midi, nous nous sommes de nouveau tous réunis et avons joué à former des groupes une fois selon nos traits physiques, une autre fois selon nos origines (continents), une autre selon la première lettre de notre prénom et la dernière selon notre âge. Ce petit jeu nous a rapprochés un peu plus.

Ensuite, la deuxième animation est assez curieuse… Un par un, nous devons aller au local. Lorsque nous rentrons dans la pièce, la lumière est éteinte. Un tapis est déroulé de la porte jusqu’aux chaises recouvertes de tissus étranges. Une musique de méditation nous plonge directement dans une ambiance particulière.

Pierre et Bénédicte sont habillés bizarrement et font semblant de ne pas parler notre langue. Par les gestes, les garçons comprennent qu’ils doivent s’asseoir sur les chaises en marchant sur le tapis. Surtout pas à côté.

Les filles, elles, doivent retirer leurs chaussures puis s’asseoir par terre. Lorsque tout le monde est présent, Bénédicte passe avec un bol d’eau chez les garçons pour qu’ils rincent leurs mains. Puis, à la cuillère, vient l’heure de la bécquée où chacun avale une mixture étrange. Ensuite, elle tend une assiette pour chaque fille, qui mange avec ses mains non rincées.

La scène se termine. Pierre nous demande notre ressenti.

La plupart parlent de cette inégalité entre les filles et les garçons. Selon nos références culturelles, les femmes ont été traitées avec mépris alors que les garçons étaient bien installés et propres. Mais Pierre nous révèle la vérité. Il s’agit d’une culture imaginaire, «Albatros», où il y a un principe de base: tout ce qui est lié à la terre est sacré. Et en fait, les garçons étaient considérés comme impurs et donc contraints de garder leurs chaussures, de marcher sur un tapis et de se laver les mains. Les femmes, elles, symboles de fertilité et de sacré, pouvaient être en contact direct avec le sol et manger avec leurs mains puisqu’elles étaient pures.

La conclusion est la suivante: un choc culturel peut nous induire en erreur quant à l’interprétation à donner à la situation donnée. Ne nous restreignons pas aux stéréotypes véhiculés par la société mais intéressons-nous à la culture des autres avant de nous forger un avis. Il faut s’informer, s’ouvrir.

Ce que nous avons vécu était un “choc culturel”.  Nous voyons donc ensuite les sept critères sensibles auxquels nous devrons prêter attention lors de notre voyage:  la religion, le genre, la langue, l’éducation, l’environnement, la nourriture et le rapport au temps. Il est donc essentiel de se « décentrer », de comprendre que nous occupons une position parmi d’’autres et qu’il nous est possible de comprendre (sans nécessairement accepter) un autre point de vue. Et «négocier» avec nous-mêmes est primordial pour que ce choc culturel ne nous déstabilise pas, de façon à pouvoir « rencontrer” réellement l’autre et échanger d’égal à égal, d’homme à homme avec lui.

Ensuite, nous remplissons un questionnaire en ligne sur la journée de formation. Puis une nouvelle pause commune s’annonce.

Après, vint la dernière activité. A cause de la crise sanitaire, notre voyage à Pâques pourrait être annulé même si nous ferons tout notre possible pour le maintenir. Pierre nous pose donc des questions du type: Si je ne pars pas, qu’est-ce que je pourrais faire en tant que citoyen pour aider à contrer les inégalités dans le monde ? Que puis-je faire pour sortir de ma zone de confort?

Chacun répond pour lui-même sur différents panneaux mis à notre disposition. Certains disent en s’informant, en se formant et en sensibilisant à notre tour, d’autres en consommant mieux, moins et plus local, en participant à des manifestations pro-droits, en votant avec conscience…

Puis nous profitons du temps restant pour organiser des activités de récoltes de fonds et nous rangeons le local.

Ensuite, rendez-vous à la salle principale. Deux représentants de chaque école expriment brièvement ce que signifie le projet MWA pour eux. C’est sous des applaudissements que la journée se clôture.

Nous nettoyons la grande salle avant de repartir chez nous après cette journée fatigante mais tellement enrichissante. Merci!

Institut de la Vierge Fidèle

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