La ministre Wilmès au Rwanda en vue du sommet UE-Union africaine

La ministre Wilmès au Rwanda en vue du sommet UE-Union africaine

La ministre belge des Affaires étrangères Sophie Wilmès se rend de lundi à mercredi au Rwanda pour la seconde réunion ministérielle de préparation du sommet UE-Union africaine, programmé en février prochain à Bruxelles. La réunion est placée sous la présidence conjointe du ministre congolais des Affaires étrangères Christophe Lutundula, dont le pays préside actuellement l’UA, et du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

Elle abordera les sujets de sécurité, de gouvernance et de migration, ainsi que des investissements dans le développement durable du continent, sans oublier l’accès équitable à la vaccination contre le Covid-19. La Belgique devrait prêter une attention particulière à la région des Grands Lacs et au Sahel. Grosse productrice de vaccins, elle devrait aussi plaider pour accélérer leur distribution et augmenter leur production.

Des bilatérales sont en outre prévues pour la ministre Wilmès avec ses homologues du Maroc, d’Algérie, de Tunisie, d’Angola et du Sénégal. Mme Wilmès avait par ailleurs reçu M. Lutundula vendredi dernier encore à Bruxelles.

Une bilatérale avec le Rwanda est également envisagée, mais pas encore confirmée. Bruxelles et Kigali vivent un moment de tension diplomatique depuis la condamnation le 20 septembre dernier, à 25 ans de prison, de Paul Rusesabagina, ancien hôtelier belgo-rwandais dont l’histoire a inspiré le film « Hotel Rwanda », et qui est devenu un féroce critique du président Paul Kagame.

Connu pour avoir permis le sauvetage de plus d’un millier de personnes durant le génocide de 1994, M. Rusesabagina, 67 ans, a été reconnu coupable « d’avoir fondé et d’appartenir » au Front de libération nationale (FLN), groupe rebelle accusé d’avoir mené des attaques meurtrières au Rwanda en 2018 et 2019.

Arrêté dans des circonstances troubles, à la descente d’un avion qu’il pensait être à destination du Burundi, M. Rusesabagina « n’a pas bénéficié d’un procès juste et équitable, particulièrement en ce qui concerne les droits de la défense », avait dénoncé Mme Wilmès, de même que les États-Unis où l’intéressé vivait aussi.

Le Rwanda avait répliqué en annulant une rencontre bilatérale prévue en marge de l’assemblée générale des Nations unies à New York, mais une rencontre avec l’ambassadeur du Rwanda à Bruxelles avait eu lieu quelques jours plus tard.

Entre-temps, le ministère public a annoncé qu’il irait en appel de la condamnation pour réclamer la perpétuité contre M. Rusesabagina.

De son côté, M. Borrell avait demandé de « ne pas ignorer non plus les accusations graves portées contre l’accusé et l’ensemble des éléments de preuve portés par l’accusation, dont une grande partie ont été fournis par la coopération des autorités judiciaires d’un État membre », sous-entendu la Belgique.

Le Parlement européen, lui, a réclamé le rapatriement humanitaire, « sans préjuger de sa culpabilité ou de son innocence », de Paul Rusesabagina, dont l’état de santé nécessite des soins.

« Rien ne pourra être fait sans la collaboration des Rwandais. On essaie de garder un maximum de canaux ouverts pour aider au maximum Paul Rusesabagina », avait de son côté expliqué Mme Wilmès à la Chambre.

A Kigali, la cheffe de la diplomatie belge se rendra également au mémorial du génocide, ainsi qu’au camp Kigali où dix Casques bleus belges avaient été tués le 7 avril 1994, au début des massacres qui ont fait 800.000 morts, selon l’ONU, principalement des Tutsi.

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