Rwanda: des mouvements d’opposition dénoncent une demi-douzaine d’arrestations

Rwanda: des mouvements d’opposition dénoncent une demi-douzaine d’arrestations

Une trentaine de partis d’opposition et d’associations rwandais ont dénoncé lundi une récente vague d’arrestations des défenseurs des droits humains et de liberté d’opinion, accusées de « répandre des rumeurs » visant à saper le gouvernement de Kigali. « Le Cadre de Concertation des partis politiques et des associations de la société civile en exil (Rwanda Bridge Builders, RBB) est consterné par la vague d’arrestations des membres de l’opposition intérieure qui a ciblé essentiellement des membres du parti politique Dalfa-Umurinzi et de médias indépendants », indique cette instance dans un communiqué adressé à l’agence Belga.

La police rwandaise a indiqué jeudi dernier que six personnes, dont l’animateur d’une chaîne YouTube et trois membres d’un parti d’opposition avaient été arrêtées la veille au Rwanda. Parmi les personnes arrêtées figure Thoneste Nsengimana de la chaîne YouTube Umubavu TV, qui totalise plus de 16 millions de vues et sur laquelle des Rwandais ont été appelés à dénoncer les violations des droits humains prétendument menées par le gouvernement.

Selon les RBB, cette vague d’arrestations survient après que la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, eut qualifié de simple bruit la résolution du Parlement européen sur le procès du Belgo-Rwandais Paul Rusesabagina, condamné le 20 septembre à 25 ans de prison pour « terrorisme », au terme d’un procès qualifié de « politique » par ses soutiens.

Le groupe de personnes arrêtées est accusé « d’être un groupe organisé avec l’intention de répandre des rumeurs destinées à provoquer des soulèvements et des troubles au sein de la population en utilisant différentes plateformes de médias sociaux », selon le porte-parole du Rwanda Bureau of Investigation (RIB, Bureau d’enquête rwandais), Thierry Murangira.

« Il s’agit d’un nouveau type d’accusations fourre-tout, à l’instar de celle de l’idéologie génocidaire, qui servent à neutraliser toute voix critique au régime de Kigali », soulignent les mouvements d’opposition en exil dans leur communiqué.

Victoire Ingabire Umuhoza, fondatrice du mouvement non-homologué Dalfa Umurunzi (Développement et liberté pour tous) et figure de l’opposition au président Paul Kagame, a affirmé qu’un total de sept personnes avaient été arrêtées, dont six membres de son parti.

Le Rwanda, dirigé par M. Kagame depuis la fin du génocide de 1994 qui a fait 800.000 morts, selon l’ONU, principalement des Tutsi, est régulièrement accusé par des ONG de réprimer la liberté d’expression, les critiques et l’opposition politique.

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