RDC: à peine installée, une instance de sortie de crise, le CNSA, déjà boycottée

RDC: à peine installée, une instance de sortie de crise, le CNSA, déjà boycottée

La situation politique apparaît toujours bloquée en République démocratique du Congo (RDC) où la mise en place samedi d’une instance de sortie de crise a déjà été rejetée par les principaux mouvements d’opposition et par l’Eglise catholique, a constaté l’AFP lundi.

Samedi, les autorités congolaises ont installé un « Conseil national de suivi de l’accord » (CNSA) du 31 décembre 2016. Cet accord est supposé sortir ce géant d’Afrique d’une crise politique ouverte provoquée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila au-delà de la fin de son second mandat, le 19 décembre 2016.

L’accord prévoit notamment la tenue d’une élection présidentielle fin 2017. En vertu de l’actuelle Constitution, M. Kabila ne peut pas se représenter.

« L’installation du CNSA est un symbole important, démontrant que le cap sur les élections est réel et que, dans un délai responsable, nous allons de nouveau affronter le peuple », s’est félicité le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, cité par Radio France Internationale (RFI).

Le CNSA s’est doté d’un bureau avec un président (Joseph Olenghankoy, à la tête d’un petit parti dissident de l’opposition), un représentant de la majorité (Adolphe Lumanu) et un représentant de l’opposition, Vital Kamerhe, arrivé en troisième position à l’élection présidentielle de 2011.

Ancien président de l’Assemblée nationale, M. Kamerhe a cependant indiqué qu’il « n’occuperait pas ce poste de vice-président du CNSA parce qu’il s’agit d’une mascarade de plus de la majorité ». M. Kamerhe a invité les Congolais à « s’investir pour l’organisation des élections dans le délai convenu ».

Principal force d’opposition, le Rassemblement de l’opposition (Rasopp) avait de son côté fait savoir dès samedi soir: « nous ne sommes pas concernés par la mise en place » du CNSA.

Lundi, le Mouvement de Libération du Congo (MLC), deuxième force d’opposition à l’Assemblée nationale, a fait savoir qu’il renonçait « au poste de vice-président du CNSA », refusant « de participer à cette mascarade », selon un communiqué de son coordonnateur adjoint, Kikata Ngima.

En outre, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) « n’est pas, logiquement, concernée par ce CNSA » mis en place après avoir « vidé l’accord de sa substance », a réagi auprès de l’AFP le porte-parole des évêques, l’abbé Donatien N’Shole.

La Cenco a conduit la médiation entre pouvoir et opposition ayant abouti à la signature de l’accord de la Saint-Sylvestre, qui octroyait à l’épiscopat un rôle d’observateur dans le CNSA.

La présidence de cet organe aurait dû revenir au vieil opposant Etienne Tshisekedi wa Mulumba, décédé le 1er février dernier à Bruxelles, où sa dépouille se trouve toujours.

Le CNSA peut décider d’un éventuel report de la présidentielle en accord avec le gouvernement et la Commission électorale nationale indépendante (Céni).​

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