Experts tués en RDC: un journaliste en détention comparaît comme témoin

Experts tués en RDC: un journaliste en détention comparaît comme témoin

Un journaliste congolais a comparu jeudi comme témoin à Kananga, dans le centre de la République démocratique du Congo, à une audience du procès sur le meurtre de deux experts des Nations unies en 2017, a-t-on appris auprès de son avocat. Arrêté le 20 septembre à Kinshasa, le journaliste Sosthène Kambidi, transféré cinq jours après à Kananga, chef-lieu du Kasaï central, est privé de sa liberté de mouvement jusqu’à ce jour.

Correspondant à Kananga de l’AFP et du média congolais en ligne Actualité.cd, Sosthène Kambidi, également collaborateur occasionnel de RFI, a comparu pour la première fois jeudi en audience publique devant le tribunal militaire du Kasaï central.

« Le président du tribunal militaire nous a finalement fixés sur le statut de Sosthène Kambidi, nous disant qu’il n’est pas inculpé et n’est pas un prévenu. Il comparaît comme simple renseignant (témoin) », a déclaré à l’AFP Me Dominique Kambale.

« L’interrogatoire a porté sur les détails du déroulement de ce double meurtre que le journaliste connaissait quelques heures seulement après les faits et la possession de la vidéo de ce meurtre », a ajouté l’avocat.

« Nous sommes préoccupés parce que, en droit congolais, un renseignant ne peut pas être privé de sa liberté d’aller partout où il veut. Jusque-là, l’auditorat militaire ne nous dit pas pourquoi Sosthène Kambidi ne peut pas rentrer chez lui », a-t-il déclaré.

Dans ses réponses devant le tribunal, le journaliste a indiqué que c’était un agent de la police de l’Onu (UNPOL) qui avait affirmé, à lui et une journaliste de RFI présente dans la zone à l’époque des faits, que les experts avaient déjà été tués, selon un correspondant de l’AFP présent à l’audience.

Quant à la vidéo, il a dit l’avoir vue pour la première fois le dimanche 16 avril 2017 dans le téléphone d’un avocat qui fréquente la même église que lui. Il a précisé être entré en possession de la vidéo le lendemain auprès de cet homme.

Une autre personne qui a comparu jeudi, le vidéaste Israël Ntumba, a déclaré pour sa part avoir découvert la vidéo avant le 16 avril, alors qu’il se trouvait avec Sosthène Kambidi et l’avocat, et que les deux hommes visionnaient la vidéo.

Face à cette divergence, le tribunal militaire a renvoyé l’audience à mardi afin que l’avocat éclaircisse ce point en présence de Sosthène Kambidi et Israël Ntumba.

Selon la version officielle des autorités de l’époque, les deux experts Michael Sharp, de nationalité américaine et la Suédoise Zaida Catalan, ont été exécutés le 12 mars 2017 par des miliciens de la secte Kamuina Nsapu, alors en guerre contre l’armée régulière.

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