Nigeria: enquête sur une possible bavure lors de frappes aériennes

Nigeria: enquête sur une possible bavure lors de frappes aériennes

L’armée de l’air nigériane a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête sur de possibles victimes civiles « tuées par erreur » dans des frappes aériennes visant des jihadistes de Boko Haram dans le nord de l’Etat de Yobe. Des habitants du village de Buhari, à la frontière avec le Niger, ont déclaré à l’AFP qu’au moins dix civils avaient été tués et 22 blessés mercredi dans des raids aériens.

« Des informations parvenues au quartier général de l’armée de l’air nigériane prétendent que des civils ont été tués par erreur et que d’autres ont été blessés », a réagi un porte-parole militaire, Edward Gabkwet, dans un communiqué.

L’armée de l’air a reconnu avoir envoyé mercredi un avion dans une zone longeant la frontière entre le Nigeria et le Niger, « pour répondre à des activités terroristes présumées ».

« Le pilote a tiré quelques coups de semonce », a déclaré M. Gabkwet, ajoutant que « la région est bien connue pour les activités continues de Boko Haram et d’Iswap », le Groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest.

Selon les premières informations, a-t-il précisé, l’avion « ne transportait pas de bombes », mais « une commission d’enquête a été mise en place pour enquêter de manière approfondie sur les circonstances de l’incident ».

Plusieurs habitants ont indiqué que trois avions de chasse avaient survolé le village et que l’un avait ouvert le feu.

« Il y a eu hier une frappe aérienne d’un avion militaire sur le village de Buhari qui a fait plusieurs victimes », a déclaré Alhaji Bukar Gaji, un homme politique local.

« Nous avons enterré dix personnes (…) et 22 ont été transportées à l’hôpital général de la ville (voisine) de Geidam », a déclaré à l’AFP une habitante, Grema Zanna.

Evoquant le même bilan, une autre habitante, Masida Kyari, a déclaré que « trois avions ont survolé le village et que l’un a ouvert le feu ».

Le Nigeria combat depuis 12 ans une insurrection jihadiste qui s’est étendue au Niger, Tchad et Cameroun voisins. Elle a fait au moins 40.000 morts et deux millions de déplacés.

Karim Modu, membre d’une milice antijihadiste, a déclaré avoir vu à l’hôpital 19 personnes grièvement blessées, présentant notamment « des brûlures » et « des fractures ».

Le gouverneur de l’Etat de Yobe, Mai Mala Buni, a indiqué que des vies avaient été perdues lors d’une frappe aérienne sur Buhari, sans confirmer le bilan.

En janvier 2017, au moins 112 personnes ont été tuées lors d’une frappe aérienne sur un camp abritant 40.000 personnes déplacées par les violences jihadistes, à Rann, ville près de la frontière avec le Cameroun.

L’armée nigériane avait alors mis en cause « l’absence de marquage approprié de la zone » dans son rapport publié six mois plus tard.

En juillet 2019, au moins 13 civils ont été tués dans une frappe aérienne sur le village de Gajiganna (nord), qui ciblait des jihadistes en fuite.

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