RDC: nominations à la police: un peu de ménage

RDC: nominations à la police:  un peu de ménage

Le président Joseph Kabila, a procédé le 17 juillet à de nouvelles nominations au sein de la police congolaise, où les casseroles s’accumulent.

Le grand patron de celle-ci, le commissaire général Charles Bisengimana, est remplacé par le général Dieudonné Amuli Bahigwa, jusque-là chef d’etat-major adjoint chargé des opérations des Forces armées de la RDC (FARDC). Le général Amuli est aussi un ancien de la DSP (Division spéciale présidentielle, la garde prétorienne de Mobutu) dont il commandait l’unité de Gbadolite, où vivait le dictateur finissant.

Répression

Le commissaire Bisengimana avait lui-même remplacé le général John Numbi après que Joseph Kabila a dû se défaire de ce dernier sous la pression internationale, parce qu’il était impliqué dans l’assassinat du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur, le 2 juin 2010;  mais il n’a jamais été jugé pour ces accusations.

Charles Bisengimana avait, pour sa part, conduit la répression à Kinshasa des protestations contre la gigantesque fraude électorale de novembre 2011, qui avait reconduit Joseph Kabila à la Présidence, ainsi que du massacre d’opposants à Ndjili deux jours avant le scrutin.

Le nouveau chef de la police sera secondé par le général katangais Patience Mushid Yav, qui remplace le général Raus Chalwé à la tête de la police administrative. Le général Chalwé est un Katangais ayant la nationalité belge; il s’était réfugié dans notre pays après avoir divorcé de la nièce du général Baramoto, commandant de la Garde civile qui fut l’une des terreurs du régime Mobutu. Sous Kabila père, Chalwé était revenu au pays, où il dirigea les services de renseignement de la police. Des ONG congolaises le rendent responsable de la répression au Bas-Congo (aujourd’hui rebaptisé Kongo-central), en 2007-2008, des adeptes de la secte politico-mystique Bundu dia Kongo. Celle-ci refait parler d’elle depuis quelques mois, notamment avec l’organisation de l’attaque de la prison de Makala, le 17 mai dernier, qui a permis l’évasion de plus de 4000 détenus, dont Ne Mwanda Nsemi, chef de la secte.

Accusé de crimes, il dirigera… la formation des policiers

Le général Célestin Kanyama, commissaire provincial de la police à Kinshasa, est remplacé par le général Sylvano Kasongo Kitenge, jusque-là commandant de l’Unité de protection des institutions et des hautes personnalités.

Le commissaire Kanyama prend la tête de la Direction générale des écoles et formation, un poste qu’il a toujours désiré, a-t-il dit à la presse kinoise. Il est, depuis 2016, sous le coup de sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne pour la liquidation sans procès de présumés voyous en 2013-2014 (opération « Likofi », qui avait fait une cinquantaine de morts et une trentaine de disparus) – ce qui l’avait rendu populaire à Kinshasa – et « d’actes de violence et d’enlèvements (…) ciblant des civils, des femmes et des enfants », ainsi que de la répression meurtrière (plus de 40 morts) de manifestations de l’opposition en janvier 2015.

Le général Jean De Dieu Oleko, le prédécesseur de Célestin Kinyama à la tête de la police de Kinshasa – et président de la Fédération nationale de natation – est, lui, mis à la retraite. Inspecteur provincial de la police nationale pour Kinshasa lors de l’assassinat de Floribert Chebeya, il avait été placé en résidence surveillée et mis en difficulté lors du procès, mais pas jugé.

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