RDC: report des manifestations de fin juin, dont le rapatriement de la dent de Lumumba

RDC: report des manifestations de fin juin, dont le rapatriement de la dent de Lumumba

Le Premier ministre congolais Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge a annoncé le report à une date ultérieure du rapatriement – prévu le 21 juin – des « reliques » de l’éphémère premier Premier ministre et héros national Patrice Emery Lumumba conservées à Bruxelles, rapporte samedi la presse congolaise, citant des sources officielles. Ce report a également été annoncé à Bruxelles par l’entourage du Premier ministre Alexander De Croo. 

Sama Lukonde a informé vendredi le conseil des ministres tenu en visioconférence de la décision, prise par le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, de reporter toutes les manifestations prévues fin juin à l’occasion du 61e anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo (RDC), selon l’agence congolaise de presse (ACP, officielle) reçue à Bruxelles et d’autres médias.

« Cette décision est motivée par la troisième vague de la pandémie à Covid-19 caractérisée par la montée du taux de contamination avec le pic attendu dans la quatorzaine. Cette situation sanitaire impose des mesures restrictives drastiques », a précisé le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, dans le compte rendu fait à la presse.

A Bruxelles, l’entourage de M. De Croo a confirmé ce report à l’agence Belga.

« Le gouvernement congolais nous a informés hier (vendredi) soir de sa volonté de reporter la restitution en raison des conditions sanitaires. Cette demande du gouvernement congolais a été faite après consultation de la famille (de M. Lumumba). La restitution sera reportée à un moment ultérieur, probablement au début de l’année prochaine. Cela nous permettra également de restituer la dépouille de Patrice Lumumba à la famille de la manière la plus appropriée et la plus digne possible », a-t-on indiqué de même source.

La Belgique, ancienne puissance coloniale, et la RDC avaient convenu de restituer le 21 juin à la famille du héros national de l’indépendance congolaise une « relique » – en fait une unique dent – de M. Lumumba lors d’une cérémonie à Bruxelles, présidée par le Premier ministre. M. Tshisekedi était attendu pour l’occasion en Belgique à la tête d’une délégation congolaise et aurait dû rencontrer le roi Philippe.

Une tournée avec ces reliques était ensuite prévue dans les villes de Lumumba-ville (dans la province de Sankuru, centre de la RDC), Kisangani (nord-est) et Shilatembo (Haut-Katanga, dans le sud-est), où M. Lumumba a été assassiné en janvier 1961, quelques mois après l’indépendance de l’ex-Congo belge, dans des circonstances restées obscures mais en présence d’officiels belges.

L’enterrement était initialement prévu le 30 juin, date-anniversaire de l’indépendance à la place Échangeur à Kinshasa, où se trouve une statue de M. Lumumba, en présence du roi Philippe.

Mais cette visite royale – qui aurait été la première depuis celle du roi Albert et du Premier ministre de l’époque, Yves Leterme, pour le 50e anniversaire de l’indépendance en 2010 – a été reportée cette semaine « de commun accord » et « en raison des circonstances sanitaires tant en RDC qu’en Belgique », selon les deux parties.

La dent de M. Lumumba est conservée par le parquet fédéral, après avoir été saisie en 2016 chez la fille d’un ex-policier belge, Gérard Soete, qui avait contribué à faire disparaître le corps de M. Lumumba, dissous dans de l’acide après son assassinat à Shilatembo.

La justice belge a autorisé en septembre 2020 la restitution de ces restes à la famille.

Lumumba a été l’une des principales figures de l’indépendance du Congo, colonie belge – après avoir été la propriété personnelle du roi Léopold II – entre le 15 novembre 1908 et le 30 juin 1960. Il était alors devenu le premier chef du gouvernement post-indépendance, accordée dans la précipitation lors de la Table ronde de Bruxelles quelques mois auparavant.

Il n’a toutefois exercé cette fonction que deux mois et demi – dans un pays immédiatement plongé dans les troubles et divisé par les rébellions – avant d’être révoqué par le président Joseph Kasa-Vubu.

C’est toutefois le futur maréchal Mobutu Sese Seko qui a scellé son sort et permis son assassinat, en l’envoyant au Katanga. Torturé dès son arrivée à Elisabethville (aujourd’hui Lubumbashi), le chef-lieu de la province séparatiste, il avait été assassiné le 17 janvier 1961 à l’âge de 35 ans.

Une commission parlementaire d’enquête a admis en 2001 une responsabilité « morale » de la Belgique. Le gouvernement Verhofstadt avait alors présenté les excuses de la Belgique au Congo et à sa famille.

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