Madagascar: transparence: le ministre des Finances claque la porte

Madagascar: transparence: le ministre  des Finances claque la porte

Le ministre malgache des Finances, reconnu pour sa rigueur budgétaire, a annoncé lundi sa démission, « faute de soutien » de la part du gouvernement. « Les conditions pour amener des changements ne sont pas remplies, donc j’ai remis à monsieur le président de la République, le vendredi 14 juillet, ma démission du poste de ministre des Finances et du Budget », a annoncé Gervais Rakotoarimanana, lors d’une conférence de presse lundi à Antananarivo.

Le ministre démissionnaire a évoqué une différence « de vision et de manière de travailler » avec le régime, sans donner plus de détails. Il a affirmé vouloir défendre les valeurs de « transparence, légalité dans le travail, respect et défense des intérêts communs de tous les compatriotes ».

Selon l’analyste Serge Zafimahova, membre de l’association Comité éthique et développement (CED), Gervais Rakotoarimanana « a la sens de l’orthodoxie budgétaire, alors que le reste des membres du gouvernement ont une gestion approximative des finances publiques ».

Le ministre démissionnaire, qui avait « acquis la confiance de la communauté internationale », avait dénoncé la gestion de deux entreprises publiques, la Jirama (société d’Etat de production d’eau et d’électricité) et la compagnie aérienne nationale Air Madagascar, a précisé Serge Zafimahova.

Madagascar figure parmi les pays les plus pauvres au monde et 90% de la population y vit avec moins de 2 dollars par jour. La Grande Ile est classée à la 145e place sur 176 pays par Transparency International en matière d’indice de perception de la corruption. Le président Rajaonarimampianina est soupçonné par l’opposition d’avoir fait intervenir récemment le ministère de la Justice au profit de l’une de ses conseillères, Claudine Razaimamonjy, poursuivie pour détournements de fonds.

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