Génocide au Rwanda: un ex-préfet jugé aux assises à partir de mai 2022

Génocide au Rwanda: un ex-préfet jugé aux assises à partir de mai 2022

L’ex-préfet rwandais Laurent Bucyibaruta, accusé d’être impliqué dans le génocide des Tutsi commis en 1994 au Rwanda, comparaîtra du 9 mai au 1er juillet 2022 devant la cour d’assises de Paris, a appris l’AFP de source judiciaire. C’est le quatrième procès audiencé en France contre un Rwandais soupçonné d’avoir participé au génocide qui a fait environ 800.000 morts au Rwanda, essentiellement parmi la minorité tutsi, entre avril et juillet 1994.

Bucyibaruta, qui conteste les accusations, avait été renvoyé aux assises en décembre 2018, au terme de l’enquête, pour des faits de « génocide », « complicité de génocide » et « complicité de crime contre l’humanité ». Les dates du procès ont été fixées après le rejet de ses recours.

Placé sous contrôle judiciaire, cet homme né en 1944 est accusé de s’être « rendu complice d’une pratique massive et systématique d’exécutions sommaires », selon les conclusions de l’enquête.

Ce fonctionnaire de la province de Gikongoro (sud du Rwanda), une des régions où les massacres furent les plus terribles, était ensuite parti pour l’ex-Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), puis la Centrafrique avant de rejoindre la France en 1997.

« Le dossier ne prouve pas ses accusations ; mon client, dont la propre femme est tutsi, a au contraire protégé des Tutsi en danger », fait valoir son avocat Me Ghislain Mabonga Monga, qui entend faire citer plusieurs témoins à la barre.

Laurent Bucyibaruta avait été un temps réclamé par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui s’était finalement dessaisi au profit des juridictions françaises, devant lesquelles une plainte avait été déposée en 2000 par l’association française Survie, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et des familles de victimes.

« Il aura donc fallu attendre 22 ans pour qu’enfin cet homme soit jugé. On ne peut plus parler de délais raisonnables et il ne nous reste plus qu’à demander au président de la République quelles mesures concrètes il pense prendre pour que les personnes visées par des plaintes et qui vivent en France soient enfin jugées », a réagi de son côté Alain Gauthier, président du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

A ce jour, deux procès liés au génocide au Rwanda ont débouché en France sur les condamnations définitives de trois hommes.

Un troisième procès, celui d’un ancien chauffeur d’hôtel franco-rwandais accusé d’avoir transporté des miliciens, doit se tenir du 22 novembre au 17 décembre après plusieurs reports liés à la pandémie de Covid-19.

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