Centrafrique : trois paramilitaires russes et deux policiers tués par un engin explosif

Centrafrique : trois paramilitaires russes et deux policiers tués par un engin explosif

Trois paramilitaires russes et deux policiers centrafricains ont été tués jeudi par un engin explosif dans le nord-ouest de la Centrafrique ravagée par la guerre civile, a annoncé dimanche à l’AFP le porte-parole du gouvernement Ange Maxime Kazagui. « Trois alliés russes et deux policiers centrafricains ont été tués, il y a aussi des blessés », a indiqué M. Kazagui. Un convoi militaire a heurté un engin explosif sur le bord de la route entre Berbérati et Bouar, à plus de 400 km de la capitale, Bangui, selon des sources onusiennes.

Un hélicoptère russe a été envoyé sur le site pour rapatrier les corps des victimes et cinq blessés appartenant à l’armée et la police centrafricaines, selon ces sources.

Moscou, qui exerce une grande influence dans cette ancienne colonie française d’Afrique centrale, entretient depuis 2018 un important contingent d' »instructeurs » pour former l’armée centrafricaine.

Mais en décembre, la Russie a dépêché d’urgence des centaines de paramilitaires pour voler au secours de l’armée démunie du président Faustin Archange Touadéra, menacé par une rébellion. Bangui avait alors parlé de « militaires » russes dans le cadre d’un accord de défense bilatéral, avant que Moscou ne corrige en les qualifiant d' »instructeurs ».

De nombreux témoins ainsi que des ONG assurent qu’il s’agissait en fait de combattants du groupe de sécurité privé russe Wagner qui participent activement, aux côtés de forces spéciales rwandaises et de Casques bleus de l’Onu, aux combats contre les rebelles, à présent dispersés dans les campagnes après avoir menacé Bangui.

Les paramilitaires russes ont déjà subi plusieurs pertes depuis le début des combats selon des sources sécuritaires et onusiennes, mais elles sont généralement tenues secrètes et très rarement confirmées.

L’Onu a pour sa part assuré vendredi que onze personnes avaient été tuées en moins d’un mois par des mines en Centrafrique, principalement dans le nord-ouest du pays, où se trouvent certains des derniers bastions des groupes armés rebelles qui contrôlaient jusqu’à mi-janvier plus des deux tiers du territoire.

« Les premières utilisations de mines anti-véhicules avaient été rapportées en juillet 2020 », a rappelé le Bureau de coordination des affaires humanitaire des Nations unies (Ocha). « Après une accalmie relative, le problème a pris une dimension sérieuse depuis avril avec des graves conséquences pour les civils », selon l’Ocha.

La présence de mines et d’engins explosifs, notamment sur plusieurs axes routiers importants, phénomène récent dans un pays pourtant marqué par des années de conflits armés, limite gravement l’accès humanitaire aux personnes vulnérables.

Près de la moitié de la population de Centrafrique, l’un des pays les plus pauvres du monde en proie à une guerre civile depuis près de huit ans, est en situation « d’insécurité alimentaire aigüe » aggravée par l’épidémie de coronavirus, a estimé l’Onu le 20 mai.

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