Gambie: fin de deux années de témoignages devant la Commission Vérité et Réconciliation

Gambie: fin de deux années de témoignages devant la Commission Vérité et Réconciliation

La Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC) de Gambie bouclait jeudi ses auditions, après plus de deux années de témoignages ayant mis en lumière les crimes commis pendant les 22 années de pouvoir de l’ex-président Yahya Jammeh dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest. L’audition du dernier témoin, entamée dans la matinée, devait s’achever en fin de journée.

Le rapport final de la commission sera « soumis en juillet au président » Adama Barrow, le successeur de Yahya Jammeh, a indiqué à l’AFP le secrétaire exécutif de la commission, Galleh Jallow.

Depuis janvier 2019, les commissaires ont entendu les récits souvent glaçants de plus de 370 témoins, hommes et femmes, anciens ministres, simples civils ou soldats, victimes et ex-membres des escadrons de la mort de l’ex-président Jammeh, les « junglers ».

« Vous étiez l’un des plus proches de Jammeh, il vous appelait +fils+ et vous appeliez +père+ », a dit au dernier témoin, Saikou Jallow, 42 ans, l’un des commissaires.

Interrogé pendant plusieurs heures par visioconférence, M. Jallow, militaire ayant servi d’assistant personnel à l’ex-président, a dit que, selon ses informations, M. Jammeh était bien responsable de la mort de plusieurs de ses proches tombés en disgrâce, dont des membres de sa famille.

Arrivé au pouvoir en 1994 par un coup d’Etat, Yahya Jammeh a dirigé pendant 22 ans dans cette ancienne colonie britannique un régime de féroce répression, marqué par des cas de tortures, de viols et d’exécutions extra-judiciaires, selon les défenseurs des droits humains.

Il a été poussé à s’exiler en Guinée-Equatoriale en janvier 2017, cédant à une intervention militaire africaine après avoir rejeté sa défaite à la présidentielle face à l’opposant Adama Barrow.

La Commission a été instituée par le président Barrow pour enquêter sur les violations des droits de l’homme commises sous l’ancien régime, favoriser la recherche de la justice, proposer des réparations aux victimes et oeuvrer à la réconciliation.

Elle pourra recommander des poursuites mais n’a pas le pouvoir de prononcer de condamnations.

Les auditions « ont mis en évidence la nécessité d’ouvrir une enquête pénale sur les agissements de Jammeh », a estimé jeudi Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué.

Les commissaires ont souligné jeudi qu’ils n’étaient pas « contre Jammeh » mais « du côté de la vérité »

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