Covid-19 : l’Afrique a besoin d’urgence de 20 millions de doses de vaccin (OMS)

Covid-19 : l’Afrique a besoin d’urgence de 20 millions de doses de vaccin (OMS)

L’Afrique a besoin d’urgence d’au moins 20 millions de doses du vaccin Oxford-AstraZeneca au cours des six prochaines semaines afin d’administrer une deuxième dose à tous ceux qui ont déjà reçu le premier sérum, a alerté jeudi l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Dans le monde, 1,5 milliard de doses de vaccin contre le Covid-19 ont été administrées. « Alors que les approvisionnements se tarissent, le partage des doses est une solution urgente, critique et à court terme pour garantir que les Africains les plus exposés au nouveau coronavirus reçoivent la protection dont ils ont tant besoin« , a déclaré la Docteure Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique.

L’Afrique a besoin de 200 millions de doses supplémentaires d’ici septembre

« L’Afrique a besoin de vaccins maintenant », a-t-elle insisté, avertissant que « toute pause dans ces campagnes de vaccination se traduira par des vies et des espoirs perdus ». Selon le bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, une seule dose du vaccin Oxford-AstraZeneca confère une protection d’environ 70 % pendant au moins trois mois.

« Les données sur la protection conférée par une seule dose après 12 semaines sont limitées, mais des anticorps anti-Covid-19 ont été retrouvés dans l’organisme jusqu’à 6 mois après une dose« , relève l’OMS. Pour l’agence sanitaire mondiale de l’ONU, le traitement complet, fourni sur un intervalle de 12 semaines, donne ainsi une protection de 81% pendant une période prolongée.

En plus de ce besoin urgent de 28 millions du sérum d’AstraZeneca, 200 millions de doses supplémentaires de tout autre vaccin répertorié par l’OMS sont nécessaires pour que le continent puisse vacciner 10 % de sa population d’ici à septembre prochain. Et le temps presse pour être dans les délais de ce défi de quatre mois.

Sur le terrain, c’est la course contre la montre. « Il est trop tôt pour dire si l’Afrique est à l’aube d’une troisième vague« , a alerté la Docteur  Moeti, mettant en garde sur une hausse des cas.

A ce sujet, l’OMS estime que les pays africains qui ne sont pas en mesure d’utiliser tous leurs vaccins les partagent sur le continent. Si cela permet d’éviter le gaspillage de vaccins, la redistribution des doses est coûteuse et les pays doivent déployer toutes les doses disponibles le plus rapidement possible.

En attendant, l’agence onusienne travaille en étroite collaboration avec les pays pour améliorer le déploiement des vaccins en optimisant les stratégies de distribution et en augmentant l’utilisation des vaccins. « L’heure tourne« , a ajouté la Docteure Moeti, qui lance également « un appel urgent aux pays qui ont vacciné leurs groupes à haut risque pour accélérer le partage des doses afin de protéger pleinement les personnes les plus vulnérables« .

Selon l’OMS, la France est le premier pays à partager des vaccins anti-Covid-19 à partir de ses réserves nationales. Paris a ainsi fait don de plus de 31.000 doses à la Mauritanie, et 74.400 autres devraient être livrées prochainement. Selon l’OMS, la France s’est également engagée à partager un demi-million de doses supplémentaires avec six pays africains dans les prochaines semaines.

L’Afrique veut renforcer sa capacité locale de production vaccinale

L’Union européenne et ses États membres se sont engagés à fournir plus de 100 millions de doses aux pays en développement d’ici à la fin de 2021. Les États-Unis ont promis de partager 80 millions de doses avec les pays du Sud, qui ont exprimé leur intérêt pour le partage des vaccins.

D’une manière générale, l’OMS souligne l’urgence d’accélérer ces engagements et rappelle que le mécanisme COVAX est un outil sûr pour une livraison rapide des vaccins.

Le continent africain se penche également dans le monde post-Covid. À plus long terme, l’Afrique entend renforcer sa capacité de production de vaccins. A ce sujet, l’OMS note que les dérogations en matière de propriété intellectuelle constituent une première étape cruciale, mais elles doivent aller de pair avec le partage de l’expertise et des technologies essentielles.

C’est dans ce contexte que plus de 100 États membres de l’OMS, dont 54 pays africains, coparrainent un projet de résolution dirigé par l’Éthiopie. Celui-ci est présenté cette semaine à l’Assemblée mondiale de la santé qui se tient virtuellement depuis Genève (Suisse).

Selon l’OMS, ce texte « vise à renforcer la production locale, à promouvoir les transferts de technologies et l’innovation, et à considérer l’accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce et les droits de propriété intellectuelle sous l’angle de la stimulation de la production locale« .

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