« Kalakuta Republik » à Avignon du 19 au 25/07

  • Dans Culture
  • 17 juillet 2017
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« Kalakuta Republik » à Avignon du 19 au 25/07

Dans « Kalakuta Republik », Serge Aimé Coulibaly marie de manière enivrante musique, danse et révolution africaine. Critique.

Créé en févrirer dernier aux Halles de Schaerbeek à Bruxelles, «Kalakuta Republik» a entamé une tournée internationale qui l’a conduit aux festivals de Marseille puis d’Avignon où il se donne à voir du 19 au 25 juillet dans le « In », , au cloître des Célestins, dans le cadre du focus sur l’Afrique subsaharienne. On y retrouve l’énergie endiablée, politique, musicale et sensuelle de l’Afrique.

Serge Aimé Coulibaly, d’origine burkinabé, fut d’abord danseur chez Alain Platel (« Wolf » en 2003) et chez Sidi Larbi Cherkaoui (« Tempus Fugit » en 2005, déjà à Avignon au cloître des Célestins). Militant de la danse, de l’Afrique, des droits humains, Coulibaly avait créé sa propre compagnie Faso Danse Théâtre.

Dans « Kalakuta Republik », on est plongé comme dans une boîte de nuit en plein air à Lagos ou Kinshasa. La musique est assourdissante et prenante, sans aucun répit pendant les premières quarante minutes. Elle est inspirée de l’afrobeat de Fela Kuti, le fondateur de l’éphémère Kalakuta Republik au Nigéria, issue dans les années 70 de la contestation politique, sociale et musicale de Fela.

Et c’est cette musique que les danseurs ont dans les veines. Ils sont sept sur scène, très bons et impressionnants, emportés par une folle frénésie qui laisse les spectateurs sans repos, exténués à leur tour.

Ce rythme fou empêche parfois l’émotion ou le sens, mais peu importe, ce qui compte ici est la force du mouvement.

Statues de la liberté

Leur danse est physique, sensuelle, violente et douce, faite de solos ou d’unissons, de tremblements, de corps jetés à terre, de tournoiements. Ils ont des peintures faciales comme à la guerre et pointent le doigt vers le ciel.

On y retrouve Serge Aimé Coulibaly comme danseur, et au milieu des danseurs noirs, la danseuse blanche Marion Alzieu, excellente, aux mouvements très sûrs. Elle avait découvert cette scène chorégraphique africaine lors d’un long séjour à Ouagadougou.

Sur scène, des projections évoquent, sans insister, les révolutions, les explosions, les colonnes de réfugiés. Une manière de rappeler qu’en Afrique les révolutions furent souvent menées par la musique. Depuis « Indépendance cha cha » de Joseph Kabasele au Congo, depuis Fela Kuti au Nigéria, jusqu’à Tiken Jah Fakoly et les groupes rap qui mobilisèrent au Sénégal (« Y en a marre ») et au Burkina (« Balai citoyen »).

La seconde partie du spectacle plonge encore davantage dans une boîte de nuit, mais cette fois en fin de soirée. Les sièges sont jetés à terre, des paillettes jonchent le sol. Est-ce vraiment la fin de la nuit ou est-ce, hélas, la fin de la fête et la révolution ? On entend le cri de « Nous avons peur », on lit qu’« on a toujours besoin d’un poète ».

Dans une belle scène finale, les danseurs portent les danseuses sur leur épaule et avancent lentement, comme portant des statues de la liberté à venir.

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