RDC : « L’attaque au Grand marché de Kinshasa annonce l’état d’urgence »

RDC : « L’attaque au Grand marché de Kinshasa annonce l’état d’urgence »

Une nouvelle attaque a ensanglanté ce vendredi la ville de Kinshasa. Cinq ou six morts selon des premiers chiffres recoupés. Et, une fois de plus, un commisssariat de police complètement mis à sac avec à la clé, de nouveaux évadés dans la nature.

« Six hommes habillés comme des hommes de Bundu Dia Kongo ont pénétré sur le marché. Tout de suite, ils ont été repérés et cela a suffi pour déclencher un mouvement de panique », explique une « maman vendeuse de légume » à La Libre Afrique. « Après, il y a eu des cris, des bagarres, je n’ai pas entendu de coup de feu mais j’avoue que j’avais tellement peur. On annonce que Mme Chantal, l’administratrice du Grand Marché serait parmi les victimes », continue notre témoin.

Une autre source confirme le décès de Madame Chantal Mboyo, l’administratrice du Grand Marché, « une femme bien en vue à Kinshasa« .

« Etat d’urgence »

« Comment expliquer que des gars habillés de la sorte puissent se balader dans Kinshasa alors que des barrages sont érigés sur de nombreuses artères de la ville?’, s’interroge faussement un militaire qui poursuit: « Ce sont des hommes du pouvoir qui sont derrière cette action. Des Bana Mura, comme ceux qui ont été dénoncés au Kasaï. Les bandeaux rouges, signe de ralliement des rebelles, fleurissent désormais partout en RDC. Souvenez vous, ils sont apparus chez des Maï Maï. Les adeptes de Gédéon arborent aussi ce type de bandeau. Maintenant, ils sont partout comme si un grand mouvement rebelle se dessinait à travers tout le pays. Je peux vous dire que tout est orchestré par le pouvoir. Ce n’est pas Mwanda Nsemi, ce sont des gars fidèles au pouvoir », poursuit notre militaire qui annonce son intention de fuir le pays pour ne pas être complice. « Trop, c’est trop ».

« Vous aviez annoncé dans La Libre avant la signature des accords de la Saint Sylvestre, que le pouvoir voulait aller au référendum. Vous aviez raison. Aujourd’hui, tous leurs plan ont échoué. Le pouvoir est de plus en plus isolé et le seul moyen pour éviter les élections, c’est l’établissement de l’etat d’urgence. Ce qui vient de se produire au Grand marché préfigure cet état d’urgence. Ils vont annoncer qu’il faut rétablir la sécurité et que l’état d’urgence est un mal nécesaire. Vous savez comme moi que cette situation a l’avantage de  suspendre tout. On ne parle plus des élections et on fait taire tout le monde. Sauf que la population meurt de faim et que état d’urgence ou pas, avec un taux de change qui tourne autour de 1700 francs congolais pour 1 dollar et une activité économique proche de zéro, les ventres ne se tairont pas. Le pouvoir est en train de préparer un chaos total pour un tout petit groupe de personnes. Je peux vous dire que parmi les membres du nouveau gouvernement Tshibala, c’est la soupe à la grimace. La plupart de ministères ne reçoivent aucun crédit de fonctionnement. Il est minuit mois cinq en RDC. La commuauté internationale doit cesser de parler et agir. On a vécu un enfer en  1994 au Rwanda, ce qui s »annonce au Congo pourrait être aussi violent. Tout le monde le sait, il faut avoir le courage de bouger aujourd’hui pour éviter de se lamenter demain », conclut notre aut gradé, à bout de nerf.

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