RDC : Inacceptable violence et inacceptable impunité

RDC : Inacceptable violence et inacceptable impunité

Commentaire Hubert Leclercq

Les Corbeaux du TPMazembe sont moins dominateurs cette année dans le championnat de football de la République démocratique du Congo. Au classement de la Linafoot, ils sont au coude à coude avec leur éternel rival kinois du Vita Club. A Mbuji-Mayi, malgré la victoire, l’équipe de Lubumbashi a vécu un enfer.

Ce milieu de semaine, l’équipe de Lubumbashi se déplaçait enfin Mbuji-Mayi pour affronter le club local du Sanga Balende au stade Kashala Bonzola. Le match du premier tour avait été reporté à plusieurs reprises. Finalement, l’équipe lushoise s’est imposée par le plus petit score (0-1). A l’extérieur du stade, les supporters de Sanga Balende ont attendu les joueurs  et le staff du TPMazembe. Une véritable agression. Les joueurs ont dû grimper dans la remorque d’un camion pour être transportés à l’aéropport sous escorte militaire. Sans l’intervention des soldats – dont certains semblent avoir ouvert le feu à balles réelles – le pire était à craindre pour les joueurs de Lubumbashi.

Pas d’Union sacrée donc dans le milieu du foot.  La violence qui s’est déchaînée autour de ce match est inacceptable. Il faut des sanctions. Des messages forts venant de toutes les autorités du pays. Le sentiment d’impunité qui règne dans certaines couches de la société est dangereux et porte en lui les ferments de plus graves dérapages.

Dans quelques jours, l’équipe de Mbuji-Mayi est attendue à Lubumbashi. La tension sera à son comble. Il faut éviter tout débordement, le foot doit rester une fête. Or, le torchon brûle depuis un certain temps entre Katangais et Kasaïens et les événements de ce mercredi à Mbuji-Mayi ne vont rien arranger.

Il faut en finir avec l’impunité pour éviter que la situation dégénère. Les images de Mbuji-Mayi, largement relayées par les réseaux sociaux, peuvent rappeler celles de la mise à sac de l’hémicycle du parlement de Kinshasa après l’annonce du divorce entre le FCC et CACH. Là aussi, les caméras ont filmé les auteurs de ces dégradations et de cette atteinte au symbole des institutions démocratiques du pays. Quatre mois après les faits, la justice congolaise ne s’est jamais saisie de cette attaque directe contre les fondements de la démocratie.

Le sentiment d’impunité, la frustration des victime sont autant d’éléments qui attisent la violence. Les autorités congolaises doivent agir avant que la situation ne dégénère.

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