La France avalise le coup d’Etat militaire au Tchad

La France avalise le coup d’Etat militaire au Tchad

« La France ne laissera jamais personne, ni aujourd’hui, ni demain, remettre en cause la stabilité et l’intégrité du Tchad”, a promis vendredi le président Emmanuel Macron, lors des funérailles d’Idriss Déby, le président tchadien mort cette semaine en un lieu, à un moment et dans des circonstances qui demeurent non établis de manière crédible.

Il est remplacé par un de ses fils, Mahamat, qui commandait jusqu’ici la Garde présidentielle et est déjà général à l’âge de 37 ans. Cela représente un coup d’État puisque la Constitution de 2018 prévoyait qu’en cas “d’empêchement définitif”, la Présidence est assumée par le président de l’Assemblée nationale.

Le ministre français des Affaires étrangères, Yves Le Drian, dans une interview jeudi à France2, a cru mettre une couche de peinture blanche sur ce coup d’État en assurant que le président de l’Assemblée “a refusé (de diriger la transition) en raison des situations exceptionnelles de sécurité et nécessité d’assurer la stabilité de ce pays”. La Constitution prévoit cependant, “en cas d’empêchement” du président de l’Assemblée, que “le 1er vice-président” le remplace dans ce rôle de chef d’État a.i. M. Le Drian n’en a pas parlé, pas plus que de l’obligation constitutionnelle de procéder à des élections dans les trois mois maximum. La junte militaire les a promises dans “18 mois”.

S’imposer aux généraux tchadiens

En attendant, celle-ci a du pain sur la planche. Elle doit en effet s’imposer alors que le jeune Déby est mal accepté par une partie des généraux tchadiens et de son ethnie zaghawa (2 % de la population), au pouvoir depuis 30 ans.

Elle doit aussi faire face à la rébellion nordiste déclenchée le 11 avril, qui “ne reconnaît pas la junte”.

Elle pourrait, en outre, devoir faire face à des attaques islamistes contre son territoire, estime Ahmedou Ould Abdallah, ancien représentant spécial de l’Onu en Afrique l’ouest. Dans une interview jeudi à la Deutsche Welle, il jugeait que les djihadistes présents dans la zone des “trois frontières” (Niger, Mali, Burkina Faso) allaient tenter d’ouvrir un nouveau front au Tchad pour “faire diversion”.

Si la France a diminué son contingent militaire au Tchad depuis les années 80, elle dispose toujours de 800 hommes dans sa base de N’Djamena, siège du commandement militaire de son opération Barkhane, lancée en 2014 pour lutter contre les djihadistes au Sahel, indiquait mardi Ouest-France. Et d’une trentaine de soldats dans sa base d’Abéché (nord), verrou militaire important sur la route de la capitale.

 

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