Opinion: RDC: qu’adviendra-t-il si le gouvernement n’est pas investi ?

Opinion: RDC: qu’adviendra-t-il si le gouvernement n’est pas investi ?

Par Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue. 

La formation du gouvernement Sama Lukonde a fait l’objet de tractations politiques de près de deux mois, contre huit mois pour Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Et ce non pas autour d’un programme commun de redressement économique et social, mais bien autour du partage des portefeuilles ministériels.

Malgré cela, la composition du deuxième gouvernement du quinquennat de Félix Tshisekedi a suscité beaucoup de mécontentement et grincements de dents d’une frange importante des députés nationaux, qui estiment qu’il n’a pas été tenu compte de la représentativité nationale, pourtant garantie par la Constitution dans son article 90 alinéa 3.

Ces députés nationaux, qui sont autour de deux cents et se reconnaissent toujours comme membres de l’Union sacrée de la Nation, demandent au président Tshisekedi et à son premier ministre Sama Lukonde un réaménagement éventuel de l’équipe gouvernementale; sinon, ils disent vouloir bloquer son investiture.

Il apparaît clairement que les hommes politiques congolais, sans idéologie absolue, sont plus préoccupés par la défense de leurs propres intérêts que par la recherche de solutions aux questions vitales qui constituent de grandes préoccupations de leur électorat, qui vit dans une profonde pauvreté.

En réalité, il faut dire que la déception est grande pour la plupart de ceux qui ont répondu à l’appel lancé par le président Tshisekedi de rejoindre son Union sacrée de la Nation, et qui se voyaient déjà ministres. En effet, leur adhésion a été motivée beaucoup plus par des calculs politiques machiavéliques et le positionnement stratégique au sein du nouveau régime.

À cette allure, il ne serait guère surprenant de voir bientôt que la nomination de dirigeants des entreprises publiques et hauts fonctionnaires soit également tributaire de tractations et combines politiques de tout acabit, qui ne tiendront pas compte nécessairement des compétences managériales et aptitudes diverses indispensables pour assurer une gestion adéquate et optimale des sociétés d’État, pour la plupart moribondes et en besoin de redressement.

Il est grand temps pour le président Tshisekedi de taper du poing sur la table pour dire que maintenant ça suffit avec les marchandages politiques qui mettent en avant-plan le partage du pouvoir entre les différentes composantes politiques, au lieu d’accorder de l’attention aux questions les plus essentielles qui se posent à la nation, en l’occurrence l’absence de la paix et la sécurité nationale, qui décourage les investissements étrangers et compromet toute possibilité de croissance économique créatrice d’emplois et de richesses.

En effet, la République démocratique du Congo a désespérément besoin d’une certaine stabilité politique et de paix durable, plus particulièrement dans sa partie est, afin justement attirer des investissements directs étrangers nécessaires pour stimuler son économie en perte de vitesse, développer des infrastructures de transport, agricoles, énergétiques et de communication, parmi lesquelles des routes, ports et aéroports reliant l’ensemble du pays, pour contribuer à la création d’emplois et ainsi remettre la population au travail.

On ne le dira jamais assez: l’électricité est une des infrastructures essentielles qui ont un impact avéré et immédiat sur la croissance économique et le développement industriel d’un pays. Le gouvernement devra travailler d’arrache-pied pour réaliser la promesse électorale de Félix Tshisekedi à son peuple, notamment le développement des sources d’énergie électrique essentielles à l’approvisionnement régulier en eau potable salubre dans les grandes villes du pays; au développement des petites et moyennes entreprises, principales créatrices d’emplois et de richesses; et, in fine, à l’amélioration de la qualité de vie des citoyens.

Si le président Tshisekedi ne réalise pas qu’il est distrait par des conciliabules superflus, souvent lents, avec des interlocuteurs politiques qui ont sûrement des agendas cachés; s’il ne peut non plus réaliser que vouloir absolument l’unanimité revient en effet à accorder un droit de veto à ces interlocuteurs aux revendications démesurées et que cela rend pratiquement impossible toute prise de décision efficace; alors cela présuppose que son premier quinquennat risque de s’achever sans avoir apporté des solutions appropriées aux préoccupations majeures des Congolais qui avaient longtemps cru qu’à l’avènement de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), ils verraient leur situation économique et sociale s’améliorer.

Nous sommes nombreux à penser que si les députés frondeurs décident de bloquer l’investiture du gouvernement, pour revenir aux conciliabules interminables, alors le président Tshisekedi devrait user de ses prérogatives constitutionnelles pour régler cette question une fois pour toutes, en procédant à la dissolution du Parlement.

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