Nigeria: exode massif après cinq jours d’attaques djihadistes dans le nord-est

Nigeria: exode massif après cinq jours d’attaques djihadistes dans le nord-est

Quelque 65.000 personnes ont fui la ville de Damasak dans le nord-est du Nigeria, ont annoncé vendredi les Nations unies, après une série d’attaques qui ont fait au moins douze morts et des dégâts « sans précédent », selon des sources locales. « A la suite de la dernière attaque du mercredi 14 avril (…) près de 80% de la population totale de la ville, qui inclut à la fois les habitants et les déplacés, ont été contraints à partir », a fait savoir Babar Baloch, porte-parole du Haut Commissariat aux Réfugiés (UNHCR).

Certains ont fui vers Maiduguri, la capitale de l’Etat du Borno, où déjà plus d’un million de personnes se sont réfugiées depuis de nombreuses années de conflit entre l’armée et les groupes djihadistes.

Beaucoup d’autres ont traversé la frontière pour se rendre vers Diffa, au Niger voisin, pays parmi les plus pauvres au monde.

« A cause de l’insécurité, le travail des humanitaires est de plus en plus difficile dans de nombreuses régions de l’Etat du Borno, y compris pour le personnel du UNHCR, qui a été obligé de se retirer de Damasak cette dernière semaine », a déclaré l’ONU.

Des djihadistes du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ont mené depuis samedi une série d’attaques sur Damasak, ville stratégique aux confins du lac Tchad, à la frontière entre le Nigeria et le Niger.

Ils ont tué au moins quatre personnes mardi, puis au moins huit autres civils mercredi soir, dix selon des sources locales. Ils ont brûlé de nombreux bâtiments, notamment des postes de police, une clinique et les bureaux du UNHCR.

Les 85.000 personnes qui vivaient à Damasak, dépendaient essentiellement de l’aide humanitaire.

L’armée nigériane a démenti toute attaque sur la ville, affirmant que les troupes avaient réussi à « repousser les +terroristes+ » et que tout était revenu à la normale.

Depuis le début de la rébellion du groupe islamiste radical Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, le conflit a fait près de 36.000 morts et deux millions de déplacés. En 2016, le groupe s’est scindé entre la faction historique et l’Iswap, reconnu par le groupe Etat islamique (EI).

Le président Muhammadu Buhari, 78 ans, est rentré jeudi d’un séjour de deux semaines à Londres pour raisons médicales. Élu pour la première fois en 2015, cet ancien général avait promis de mettre fin à la rébellion djihadiste, mais il est actuellement décrié, face à une situation sécuritaire alarmante à travers tout le pays.

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