RDC: résiliation d’un important contrat public pour des soupçons de corruption

RDC: résiliation d’un important contrat public pour des soupçons de corruption

Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont annulé un marché d’achat de 50 wagons accordé irrégulièrement à une entreprise d’importation de produits alimentaires, après la dénonciation d’une organisation citoyenne, a-t-on appris jeudi de sources concordantes. Le 12 mars, le ministre congolais des Transports, Didier Mazenga, a signé avec l’entreprise privée Sokin un contrat de 8,5 millions de dollars pour l’acquisition de 50 wagons en faveur de la Société congolaise des Transports et des Ports (SCPT), société publique totalement détenue par l’État congolais.

Les wagons étaient destinés à la ligne reliant Kinshasa à Matadi, unique voie d’accès de la RDC à l’océan Atlantique, à aquelque 350 kms à l’ouest de la capitale.

Le 31 mars, l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) a saisi l’Inspection générale des finances pour dénoncer un contrat conclu en « violation flagrante de la procédure de passation de marché public ».

Le ministre Mazenga a accordé ce marché public sans appel d’offres, et Sokin est une société en fait spécialisée dans le commerce des produits alimentaires, n’ayant aucune compétence particulière dans le ferroviaire, a dénoncé l’ACAJ.

Dans la foulée, la présidence a ordonné au ministre des Transports « de résilier le marché ainsi conclu en violation (…) de la loi », dans un courrier signé du directeur de cabinet du président Félix Tshisekedi, Guylain Nyembo, datée du 2 avril.

Mazenga a informé en conséquence la société Sokin de « la résiliation du contrat relatif à l’acquisition des wagons en faveur de la SCPT ».

Le processus de signature de ce marché « comporte de sérieux indices de corruption (…). La société Sokin est notoirement connue comme importatrice et vendeuse des produits alimentaires, sans aucune expertise en matière de chemin de fer », a réagi auprès de l’AFP Georges Kapiamba, président de l’ONG ACAJ, qui a appelé à « l’ouverture urgente d’une information judiciaire ».

Le président Tshisekedi a fait de la lutte contre la corruption l’une des priorités de son mandat.

Son allié et ex-directeur de cabinet Vital Kamerhe est actuellement en prison, après avoir été condamné à 20 ans de prison dans une affaire de détournement de 50 millions de dollars des deniers publics.

Le ministre Mazenga est quant à lui issu du Front commun du Congo (FCC), de l’ancien président Joseph Kabila, écarté depuis décembre de la cogestion du pays par son successeur M. Tshisekedi.

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