RDC: Kasaï: l’Onu pas convaincue par les arguments officiels

RDC: Kasaï: l’Onu pas convaincue  par les arguments officiels

« Avec plus de 80 fosses communes identifiées (…), il est essentiel que l’enquête dépasse les auteurs matériels (des crimes) et identifie les responsabilités de commandement au niveau militaire et politique », a déclaré José-Maria Aranaz, directeur du Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’Homme en République démocratique du Congo (BCNUDH). L’ONU a annoncé mercredi la découverte de 38 nouvelles fosses communes au Kasaï, région du centre de la RDC secouée depuis près de neuf mois par des violences, ce qui porte à 80 le nombre de fosses recensées par cette organisation.

Pour M. Aranaz, l’argument selon lequel ces violences relèvent de « l’action isolée des membres indisciplinés des forces de sécurité n’est pas convainquant ». « Il faut arrêter ces tueries », a-t-il ajouté.

Selon l’ONU, les dernières fosses communes ont été recensées dans les régions de Diboko et de Sumbula, dans le territoire de Kamonia (sud-ouest). Les violences au Kasaï ont causé la mort de plus de 3.000 personnes, d’après des chiffres rassemblés par l’Église catholique et environ 1,3 million personnes ont fui leurs foyers dans cette région, selon l’ONU.

Pouvoir central fragilisé

Ces violences qui impliquent des miliciens, des soldats et des policiers, ont débuté en septembre 2016, un mois après la mort de Jean-Pierre Mpandi, chef tribal sous le nom de Kamwina Nsapu, qui a ouvertement remis en cause l’autorité du gouvernement du président Joseph Kabila. Kamwina Nsapu a été tué lors d’une opération militaire.

En mars, deux experts onusiens – l’Américain Michael Sharp et la Suédo-chilienne Zaida Catalan – envoyés par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres pour enquêter sur ces violences, ont été assassinés dans le Kasaï central. Le procès de leurs assassins présumés est en cours à Kananga, capitale du Kasaï-central. Le 6 juillet, huit militaires congolais avaient été condamnés à de lourdes peines dans l’affaire d’une vidéo montrant un présumé massacre de civils par des soldats au Kasaï oriental.

Les violences dans le Kasaï mettent à mal un pouvoir central fragilisé par une crise politique liée au maintien au pouvoir de M. Kabila au-delà du terme de son mandat qui expiré le 20 décembre. (AFP)

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