RDCongo: la CPI confirme la peine de 30 ans de prison pour Bosco Ntaganda

RDCongo: la CPI confirme la peine de 30 ans de prison pour Bosco Ntaganda

Par Marie-France Cros.

La Cour pénale internationale a confirmé mardi, en appel, la peine de 30 ans de prison infligée en première instance à Bosco Ntaganda, 47 ans, pour 18 crimes de guerre et contre l’humanité : viols, esclavage sexuel (y compris d’enfants), utilisation d’enfants-soldats et massacres. Ces crimes ont été commis en Ituri (nord-est du Congo) entre juillet 2002 et décembre 2003, lorsqu’il était chef des opérations militaires du FLPC, la milice ethnique des Hemas – en pleine guerre contre les Lendus – regroupés dans le parti UPC de Thomas Lubanga. Ce dernier a été condamné en 2012 à quatorze ans de prison.

Ntaganda avait été condamné en première instance en 2019. Le 8 mars dernier, la CPI l’a condamné à dédommager ses victimes pour un total de 30 millions de dollars (plus de 25 millions d’euros), somme qu’il ne possède pas et qui devrait donc être déboursée par le Fonds des victimes de la CPI.

Ntaganda n’est pas poursuivi pour les crimes commis plus tard au Kivu (est du Congo).

Un Tutsi rwandais

Né au Rwanda en 1973, il avait dû fuir son pays à l’adolescence, en raison de pogroms anti-tutsis, et s’était réfugié au Kivu voisin. En 1990, il s’engage dans la rébellion tutsie rwandais FPR (Front patriotique rwandais, aujourd’hui au pouvoir à Kigali).

Après son passage meurtrier en Ituri, une dispute avec les dirigeants de l’UPC lui fait quitter la région en 2006, pour le Kivu, où il rejoint le CNDP de Laurent Nkunda, un général tutsi congolais mutiné. Lorsque le CNDP est incorporé à l’armée congolaise, en 2009 – et Nkunda arrêté au Rwanda – Bosco Ntaganda devient général de l’armée congolaise et est le “numéro deux” de la région militaire du Kivu, bien que le mandat d’arrêt de la CPI qui le vise depuis 2006 soit public depuis 2008. Joseph Kabila utilisera les talents militaires du criminel jusqu’à ce qu’il se mutine, en 2012, avec 300 hommes ; ce n’est qu’alors que Kabila exigera son arrestation.

Après un an de rébellion, son M23 se déchire sur des rivalités internes. Affaibli, le groupe armé est défait, le 16 mars 2013, par l’armée congolaise aidée par la Brigade d’intervention de l’Onu. Les vaincus fuient vers le Rwanda tout proche. Bosco Ntaganda se livre, le 18 mars, à l’ambassade des États-Unis à Kigali. Vraisemblablement pour sauver sa vie : entre rivaux du M23 et kabilistes désireux de le faire taire, il avait décidément trop d’ennemis.

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